L’archidiocèse de Dakar cherche 500 millions pour l’ouverture d’un nouveau cimetière catholique
Le cimetière Saint Lazare de Béthanie ne pourra bientôt plus accueillir de défunts. Sous peu, les familles catholiques de Dakar se retrouveront sans solution pour inhumer leurs proches. Face à cette urgence pastorale, l’Archevêque de Dakar, Mgr André Gueye, lance une collecte de 500 millions FCFA pour ouvrir le nouveau site de Guédiawaye.
Le 18 janvier 2026, lors du pèlerinage diocésain à Popenguine, Mgr André Guèye a fait du cimetière de Guédiawaye l’une des trois priorités absolues de l’Archidiocèse de Dakar, aux côtés du Sanctuaire de Grand-Yoff et du centre de pastorale familiale de Diamniadio. Une décision qui répond à une situation qui devient chaque jour plus critique pour les personnes endeuillées.
«C’est un projet très urgent, celui de l’aménagement des cimetières de Guédiawaye, pour pallier la saturation du cimetière Saint-Lazare, pour ensevelir décemment nos morts et prier pour eux», a déclaré l’archevêque devant des centaines de fidèles. Derrière ces mots se cache une réalité douloureuse que vivent quotidiennement les responsables du dossier.
De fait, l’abbé Jean-Noël Diène Diouf, chargé de coordonner les travaux, témoigne de cette détresse : «Nous recevons des appels tous les jours. Des gens désemparés, parfois en colère. Ils ont raison. Nous devons agir maintenant.» Des sollicitations qui racontent toutes la même histoire : des personnes qui viennent de perdre un être cher et découvrent qu’elles ne peuvent pas l’inhumer dignement dans leur ville.
Le cimetière Saint-Lazare de Béthanie a servi les communautés catholiques de Dakar pendant des décennies. Cependant, la croissance démographique de la capitale et l’extension urbaine ont fini par rattraper ce qui était autrefois un espace suffisant. Aujourd’hui, la saturation est totale et les proches des défunts se heurtent à l’impossibilité de trouver une place pour leurs morts.
Or, cette situation ne concerne pas seulement l’aspect matériel de l’inhumation. Elle touche au cœur même de la dignité humaine et de la foi catholique. Dans la tradition de l’Église, ensevelir les morts et prier pour eux constitue une œuvre de miséricorde fondamentale. Mgr André Guèye l’a d’ailleurs rappelé en ces termes : «Je demande à tous d’adhérer aux dispositions, mais d’abord et surtout de participer généreusement au financement des travaux d’aménagement. C’est une œuvre de miséricorde.»
Face à cette urgence, l’archidiocèse de Dakar a préparé un plan concret et réaliste. Le terrain de Guédiawaye est identifié depuis plusieurs mois. Un comité technique travaille actuellement sur l’aménagement qui permettra une occupation rationnelle de l’espace. Les études sont achevées et les démarches administratives suivent leur cours. Tous les éléments sont en place, à une exception près : le financement des travaux.
Concrètement, la première phase nécessite 500 millions FCFA. Ce montant permettra de réaliser les infrastructures essentielles sans lesquelles le site ne peut pas ouvrir. Le terrassement et la viabilisation du terrain constitueront la base de l’aménagement. Le bâtiment administratif offrira aux proches un espace d’accueil digne lors des moments difficiles. L’installation d’eau potable par forage garantira l’autonomie en eau du lieu. Enfin, l’alimentation électrique solaire assurera un fonctionnement durable et respectueux de l’environnement.
Une fois ces travaux achevés, le cimetière pourra accueillir les premiers défunts. La deuxième phase viendra ensuite compléter l’ensemble avec les voies de circulation internes, les espaces verts, les jardins du souvenir et la signalétique. Toutefois, cette seconde étape ne pourra démarrer que si la première est réalisée rapidement.
À ce sujet, Simon Dioh, coordinateur de la collecte, rappelle que l’objectif est à portée de main si la mobilisation est collective : «Nous avons besoin de 500 millions. Cela semble énorme, mais si 50.000 personnes donnent 10.000 FCFA, nous y arrivons. Si 500 entreprises donnent 1 million, le projet démarre demain.»
D’ailleurs, l’appel s’adresse en premier lieu aux fidèles de l’Archidiocèse, mais il va au-delà des frontières de la seule communauté catholique. Les entreprises sénégalaises peuvent s’engager par le mécénat et associer leur nom à un ouvrage d’intérêt social. Par ailleurs, la diaspora catholique sénégalaise représente également un levier important pour cette initiative.
Il faut souligner que l’urgence de cette opération s’inscrit dans le plan pastoral triennal que l’Archidiocèse a adopté : «Pour une église synodale, autonome, au service de la justice et de la paix.» Et donner aujourd’hui, c’est permettre à ces personnes d’accomplir leur devoir envers leurs morts dans des conditions dignes. C’est répondre concrètement à l’appel de Mgr André Guèye. C’est participer à une œuvre de miséricorde qui honore la vie jusqu’à son terme.
Avec Ucs.sn

