Lettre ouverte à la Caf et à la Fifa

Le 24 janvier 2026, le ciel d’Afrique s’est paré de Vert, de Jaune et de Rouge. Le Sénégal, au sommet de son art, a soulevé sa deuxième couronne continentale. Mais alors que le Peuple de la Teranga célèbre ses héros, vos instances s’activent dans l’ombre pour transformer une fête du football en un tribunal de l’injustice. Vous brandissez des menaces de sanctions contre nos Lions, notre sélectionneur et nos dirigeants.

​Sachez que vous ne jugez pas seulement une équipe; vous jugez une Nation qui a choisi l’honneur plutôt que la compromission.

​Avant de parler de discipline, parlons de football. Le Sénégal a été le seul maître du terrain durant cette Can 2026. Nos statistiques ne sont pas des opinions, ce sont des faits :

• ​Une défense de fer : moins de deux buts encaissés sur l’ensemble du tournoi.
• ​Une efficacité chirurgicale : meilleure attaque de la compétition avec une moyenne de 2, 5 buts par match.
• ​Le paradoxe du finaliste : en face, comment justifier qu’une équipe puisse prétendre au trône après avoir erré 240 minutes de jeu (demi-finale et finale comprises) sans inscrire le moindre but dans le jeu ?

Le football est une ode au mouvement et au but, pas une attente passive de l’erreur arbitrale ou de la loterie des tirs aux buts. Le Sénégal a proposé du jeu ; le pays organisateur a proposé de l’attente.

​Vous nous reprochez notre colère, mais où était votre autorité lorsque l’équité sportive était piétinée ?

• ​L’épisode des serviettes nigérianes : Le monde a vu, incrédule, des officiels et des joueurs harceler le gardien du Nigeria pour lui retirer ses effets personnels en plein match. Un acte de superstition médiévale toléré dans une compétition moderne.

Pourquoi n’y a-t-il eu aucun communiqué, aucune sanction, aucune indignation de votre part ?

• ​Le déni du penalty camerounais : Lorsque Bryan Mbeumo a été fauché dans la surface, l’évidence a sauté aux yeux de milliards de téléspectateurs. Pourtant, la Var est restée muette, et l’arbitre, impassible. Ce jour-là, vous n’avez pas seulement lésé le Came­roun, vous avez assassiné la crédibilité du football africain.

• ​La finale du surréalisme : Voir un joueur de champ commander une révision Var à l’arbitre et l’obtenir est une première mondiale dont vous devriez avoir honte. Siffler une faute avant même que l’action ne se développe, c’est avouer que le verdict était écrit avant le crime.

​Vous interprétez la réaction de notre sélectionneur et de nos joueurs comme un manque de discipline.

Nous l’appelons le «Jom». C’est ce mélange de dignité, de courage et de refus de l’humiliation qui coule dans nos veines.

​Au Sénégal, nous accueillons l’étranger avec les bras ouverts, mais nous ne tendons jamais l’autre joue face à l’oppression.

Depuis des décennies, nous subissons : des éliminations injustes au nombre de cartons, des penalties oubliés contre les puissants, des calendriers aménagés.
Demander aux Lions de se taire face à un arbitrage téléguidé, c’est demander à un Peuple de renier son histoire. Nous préférons tomber debout que gagner à genoux.

​​Nous voyons clair dans votre stratégie. A l’approche de la Coupe du monde, le Sénégal fait peur.

Nous avons prouvé que nous étions mille fois plus forts que les grandes nations européennes, y compris l’Equipe de France.

Voulez-vous décapiter notre équipe par des suspensions pour faciliter la tâche de nos futurs adversaires ?

L’occasion est trop belle : affaiblir le champion d’Afrique pour protéger les intérêts des puissances financières. Si vous touchez à nos cadres, vous ne ferez que confirmer que la Fifa et la Caf ne sont plus des instances sportives, mais des agences de placement pour favoris.
​Le football n’est pas votre propriété privée. C’est le bien commun des peuples. Le Sénégal restera vigilant.

Nous ne vous laisserons pas voler dans les bureaux ce que nous avons gagné sur le gazon avec la sueur et le sang.

​L’Afrique est à un tournant. Soit elle choisit la transparence et le mérite, soit elle s’enfonce dans le clientélisme. Le Sénégal a déjà choisi son camp : celui de la vérité.

​Le Sénégal restera debout. Ses Lions resteront fiers. Et l’histoire retiendra que vous avez tenté de briser les meilleurs.

Souleymane LY
Spécialiste en communication
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