Marche des syndicats d’enseignants : Le G7 crie son ras-le-bol à Thiès

Le front social s’embrase dans le secteur de l’éducation. Ce jeudi 22 janvier 2026, les syndicats du G7 ont investi les rues de Thiès pour une marche nationale d’envergure. Entre débrayage, grève totale et cris de désespoir, les enseignants dénoncent le non-respect des accords signés et mettent en garde le gouvernement contre une paralysie durable du système éducatif.

Par Cheikh CAMARA – C’est une mobilisation nationale depuis le bastion thiessois. L’heure est à la démonstration de force pour le G7. Dans le cadre de son deuxième plan d’actions, le regroupement syndical a choisi Thiès pour porter ses revendications. La journée de ce jeudi a débuté dès 9 heures par un débrayage massif, prélude à une grande marche nationale où les enseignants ont exprimé leur lassitude face à un dialogue de sourds. Ce mouvement ne compte pas s’arrêter là : une grève totale est prévue le vendredi 23 janvier, menaçant de paralyser l’ensemble des établissements scolaires du pays.

Le «dilatoire» gouvernemental pointé du doigt
Au cœur de la discorde, le retard jugé inacceptable dans la signature des décrets pour les enseignants décisionnaires. Malgré les explications du ministre Moustapha Guirassy, qui invoque des lenteurs administratives, les syndicats restent de marbre. Pour eux, le gouvernement use de tactiques dilatoires depuis près d’un an. Les griefs du G7 sont clairs et qualifiés de «non négociables» : la signature immédiate des décrets sur le statut des décisionnaires, la refonte du système de rémunération pour une application effective, la fin de la surimposition qui pèse sur les salaires et le parachèvement de la fonction diplômante universelle.

Un Pacte social menacé par l’immobilisme
Hier, les manifestants ont rappelé que cette crise est le fruit d’une accumulation de promesses non tenues, notamment celles issues des protocoles d’accords de 2018 et 2022. Le G7 dénonce vigoureusement la léthargie du comité de suivi des accords, incapable, selon lui, de communiquer ou de relancer les processus de réalisation. «Ce premier plan d’actions est resté sans réponse appropriée de la part des autorités», déplorent les responsables syndicaux. En durcissant le ton, les enseignants placent l’Etat devant ses responsabilités. Sans un dialogue sincère et des actes concrets immédiats, le calendrier scolaire 2026 risque de sombrer dans une instabilité chronique, sacrifiant une nouvelle fois l’avenir des élèves sur l’autel des lenteurs administratives.
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