Violences lors de la finale Maroc-Sénégal: le tribunal rejette les demandes de liberté provisoire
Le juge a refusé, jeudi, la libération provisoire aux supporters sénégalais et au citoyen algérien, interpellés à la suite des actes de hooliganisme commis au stade Prince Moulay Abdellah lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations de football 2025, lors de la seconde audience dans le cadre de cette affaire, qui s’est tenue au tribunal de première instance pénale de Rabat. Voici les détails et les accusations dont ils font l’objet.
Les ressortissants sénégalais poursuivis dans cette affaire sont accusés de « participation à des actes de violence lors d’une rencontre sportive, intrusion sur la pelouse d’un stade pendant une rencontre sportive par usage de la force, dégradation d’équipements sportifs lors d’une rencontre sportive, violences à l’encontre des forces de l’ordre, ainsi que jet volontaire d’objets solides ayant causé des dommages à autrui ».
Quant au citoyen algérien, le parquet a décidé de le poursuivre pour les délits de « participation à des violences sportives lors d’une rencontre sportive, dégradation d’équipements sportifs lors d’une rencontre sportive, violences à l’encontre des forces de l’ordre, et jet volontaire de substances liquides ayant causé des dommages à autrui lors d’une rencontre sportive ».
Le procureur du Roi près le tribunal de première instance de Rabat avait décidé, mercredi soir, de poursuivre les ressortissants sénégalais et le citoyen algérien en état de détention, après leur comparution devant le parquet, suite à leur présentation par la police judiciaire le même jour, à l’issue de leur audition afin de déterminer les charges retenues contre chacun d’eux.
Ces supporters sénégalais, accompagnés du citoyen de nationalité algérienne, au nombre total de 19 personnes, avaient été interpellés à la suite des actes criminels survenus au stade Prince Moulay Abdellah à Rabat lors du match Maroc–Sénégal dans la nuit du dimanche dernier.
En début d’audience ce jeudi, la formation du tribunal a interrogé l’ensemble des accusés sur leur maîtrise de la langue arabe. La majorité d’entre eux a indiqué ne maîtriser que le français, tandis que d’autres ont affirmé parler l’une des langues locales sénégalaises ou l’espagnol, ce qui a nécessité le recours à un traducteur assermenté.
Les avocats des accusés ont tenté de faire libérer provisoirement les personnes visées par les accusations, ce qui a été refusé par la Cour. Pour le cas des accusés sénégalais, la défense des accusés a demandé leur mise en liberté provisoire pour plusieurs raisons, soulignant que l’ambassade du Sénégal faisait office d’adresse pour les convoquer, en mentionnant les garanties juridiques prévues par la législation marocaine dont bénéficient également les étrangers.
L’avocate du barreau de Rabat a proposé d’autres mesures alternatives, telles que « le versement d’une caution financière, la confiscation des passeports et l’interdiction de quitter le territoire ».
Cette audience a également vu la présence de l’un des agents de sécurité du stade Prince Moulay Abdellah, agressé et blessé dimanche dernier.
Le juge d’instruction a reporté l’audience dans quelques jours, cependant les avocats ont fait valoir qu’ils seront en grève ce jour-là, à cause du programme de mobilisation mené par l’Association des barreaux du Maroc contre le projet de loi encadrant la profession.
De son côté, le citoyen Algérien qui possède aussi la nationalité française, et qui était parmi les éléments sénégalais ayant saccagé le stade et attaqué la sécurité, aurait déclaré être présent avec son frère qui travaillerait pour l’équipe sénégalaise de football. Deux membres de sa famille étaient présents au procès.
L’avocat de l’accusé algérien, membre du barreau de Casablanca, a également demandé la mise en liberté provisoire de son client, précisant que celui-ci « était venu pour soutenir son frère, qui occupe un poste au sein du staff technique de l’équipe nationale sénégalaise de football ». Il a par ailleurs souligné que « l’ambassade de France suit cette affaire ».
Aucun d’entre eux n’a donné justifié ou nié les actes qui leur sont reprochés. Les accusations dont les individus font l’objet découlent des enregistrements vidéos lors du match de la finale de la CAN, où chacun des accusés a été filmé en pleine action.
La même défense des Sénégalais, a tenté de faire valoir les relations entre le Maroc et le Sénégal afin d’obtenir l’indulgence de la Cour, en appelant le tribunal à « prendre en considération la profondeur des relations entre le Maroc et le Sénégal », citant la tenue attendue de rencontres entre responsables marocains et leurs homologues sénégalais au cours de la semaine prochaine.
Enfin, le représentant du ministère public près le même tribunal a rejeté les arguments avancés par la défense, affirmant qu’il s’agit avant tout, d’un dossier de nature judiciaire soumis aux règles légales en vigueur.
Il a ajouté : « Tout le monde a vu en direct les actes commis par les accusés, et sans la sagesse du public marocain, les conséquences auraient pu être graves ».
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