Évacuations sanitaires au Sénégal: Près de 5 milliards de FCFA par an

Le 8ᵉ Congrès africain de la santé et du tourisme médical s’est ouvert, hier, à Dakar, dans un contexte marqué par des évacuations sanitaires et la quête d’une plus grande autonomie des systèmes de soins africains. Il est placé sur le thème : « L’Afrique face aux enjeux de la mobilité médicale : défis, innovation et souveraineté sanitaire ».

L’Afrique paie un lourd tribut financier pour son manque d’autonomie médicale. Près de 5 milliards de FCfa sont dépensés par an au Sénégal. « Une telle dépense, dans des économies aux ressources faibles, exige un changement de paradigme radical », a déclaré, hier, Serigne Mbaye, secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

Ce diagnostic, posé d’entrée de jeu, a dominé les débats inauguraux du 8ᵉ Congrès africain de la santé et du tourisme médical, ouvert, hier, à Dakar. Face à l’hémorragie des capitaux causée par les évacuations sanitaires, les participants ont esquissé les contours d’une souveraineté sanitaire à construire d’urgence. Le ton est donné par Serigne Mbaye qui a dénoncé une réalité économique intenable. « Les évacuations sanitaires massives vers l’étranger constituent un lourd fardeau pour les finances publiques, mais également pour la charge des ménages », a-t-il regretté.

Selon lui, « la santé ne doit plus être perçue comme un secteur social de dépense, mais un investissement essentiel pour le développement socio-économique durable ». Cette prise de conscience fonde une nouvelle stratégie étatique, où le partenariat avec le secteur privé est érigé en pilier indispensable. « L’État considère ce partenariat, non comme une option, mais comme une nécessité, une obligation pour atteindre nos objectifs de couverture sanitaire universelle », a-t-il fait savoir. Cette collaboration est présentée comme le vecteur unique capable de mutualiser les compétences, les technologies et les investissements nécessaires à l’émergence d’un système résilient.

La perspective du secteur privé, portée par le Dr Falilou Samb, président de l’Association des cliniques privées du Sénégal, est venue compléter ce discours officiel. Reconnaissant que la mobilité subie a « mis en lumière nos insuffisances », il y voit surtout le catalyseur d’une ambition nouvelle. « Il s’agit de bâtir, en Afrique, des systèmes de santé performants, innovants et souverains », a-t-il déclaré.

Dans cette optique, la souveraineté sanitaire est définie comme la capacité à anticiper les crises et à y répondre efficacement, en réduisant les dépendances externes. Le tourisme médical, souvent perçu comme un simple marché, est réinterprété en opportunité stratégique de valorisation des compétences locales et de création de richesses.

Pathé NIANG

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