Économie nationale: l’industrie, moteur de l’emploi salarié
Portée par une bonne tenue du secteur industriel, l’économie sénégalaise présente une évolution positive de l’emploi salarié au troisième trimestre 2025. Les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) mettent en évidence, une progression des effectifs et de la masse salariale dans le secteur moderne, confirmant le rôle structurant de l’industrie dans la création d’emplois formels.
L’économie sénégalaise a enregistré une évolution favorable du marché du travail au cours du troisième trimestre 2025. Selon la note trimestrielle de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), l’emploi salarié du secteur moderne a progressé de 1,9 % sur un an, une évolution largement imputable à la vitalité du secteur industriel.
Les résultats de l’Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail (EERH) indiquent qu’à fin septembre 2025, le secteur moderne hors administration publique comptabilisait 337 415 salariés. Ce niveau correspond à une création nette d’environ 6 300 emplois par rapport à la même période de l’année précédente, traduisant une dynamique continue de l’emploi formel.
Cette progression des effectifs s’est accompagnée d’une hausse de 2,1 % de la masse salariale, laquelle atteint 385,9 milliards de FCFA. Le secteur industriel apparaît comme le principal contributeur à cette hausse des rémunérations, consolidant ainsi sa place de pilier du secteur moderne sénégalais et de moteur de la croissance économique nationale.
L’analyse de la structure de l’emploi fait ressortir la prédominance des contrats à durée indéterminée, lesquels représentent 76,6 % des postes salariés. Toutefois, cette stabilité contractuelle demeure inégalement répartie selon le genre. Les hommes occupent près de 73,9 % des emplois permanents, mettant en évidence la persistance de déséquilibres structurels et de défis importants en matière d’égalité professionnelle entre les sexes.
Du point de vue socioprofessionnel, les ouvriers constituent la catégorie la plus représentée en termes d’effectifs. A l’inverse, les cadres et les techniciens concentrent une part disproportionnée de la masse salariale totale, révélant l’existence d’écarts de rémunération significatifs entre les différentes catégories professionnelles du secteur moderne.
Une légère intensification du temps de travail
Les salariés du secteur moderne ont travaillé en moyenne 41,6 heures par semaine au cours de la période sous revue, soit une légère augmentation par rapport aux trimestres précédents. Cette évolution traduit une intensification modérée de l’activité économique, en cohérence avec la progression de l’emploi et des rémunérations observée.
Collectés selon la méthodologie de l’EERH, ces indicateurs constituent des outils de référence pour l’élaboration, le suivi et l’évaluation des politiques publiques en matière d’emploi. Dans un contexte marqué par la quête de création d’emplois décents et par l’’amélioration de la productivité, ils permettent aux pouvoirs publics d’apprécier les tendances à l’œuvre et d’identifier les leviers d’action prioritaires. Si la croissance de l’emploi salarié formel demeure modérée, sa régularité témoigne néanmoins de la résilience du secteur moderne sénégalais, tout en soulignant la nécessité de renforcer les actions en faveur de la réduction des inégalités de genre et d’une répartition plus équilibrée des revenus du travail au sein de l’économie nationale.
JEAN PIERRE MALOU

