Ouest du Mali – 3 trois sites industriels attaqués

« Près de 160 terroristes circulant à moto ont pris part aux attaques » auraient pris part à des attaques, ce dimanche 11 janvier, contre trois sites industriels autour de Bafoulabé dans la région de Kayes. Des carrières et des usines produisant du ciment ou encore des carreaux. Au moins trois civils auraient été enlevés. 

Par TV5MONDE avec AFP – Des hommes armés ont attaqué trois sites industriels et enlevé quatre civils dimanche matin dans l’ouest du Mali, alors que le pays vit depuis plusieurs mois au rythme des attaques jihadistes contre ses intérêts économiques et qu’un blocus est imposé depuis septembre par les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affiliés  à Al-Qaïda, a appris lundi l’AFP de sources locales. 

« L’État doit renforcer la sécurité sur place« 

« Les terroristes, après le blocus économique, veulent empêcher les usines de tourner. Ils ont attaqué trois usines dimanche dans la région de Kayes (ouest). Les dégâts sont énormes« , a confié une source sécuritaire malienne à l’AFP qui assure que « l’État a dépêché des renforts sur le terrain ».

Ibrahima Diawara, PDG de l’usine Stones qui produit du carbonate de calcium, de la chaux et de l’enduit près de la localité de Bafoulabé déplore des « dégâts considérables ». « Deux autres usines dans le même secteur ont été attaquées et brûlées aussi« , indique-t-il à l’AFP.

« Près de 160 terroristes circulant à moto ont pris part aux attaques« , indique sur X Wamaps, groupe de journalistes ouest-africains spécialisé dans l’actualité sécuritaire au Sahel. Nos confrères de RFI précisent, de leur côté, que ces hommes « lourdement armés » ont « sillonné à moto la route nationale 22 entre 6h et 9h du matin« . Ces attaques n’avaient pas été revendiquées lundi en début d’après midi.

Selon un élu de la région de Kayes, « les jihadistes avaient déjà attaqué ces sites il y a quelques mois. (…) Quatre civils ont été enlevés » cette fois. « L’État doit renforcer la sécurité sur place« , plaide-t-il. En juin dernier, le JNIM avait menacé de frapper les industries étrangères installées dans le pays et toute autre entreprise faisant des affaires avec l’État malien sans « son autorisation« 

Depuis, de nombreux sites industriels ont été attaqués et plusieurs civils, surtout étrangers, ont été enlevés, principalement dans l’ouest du pays. Ces enlèvements permettent aux jihadistes de se financer en demandant des rançons. Les États-Unis et la France ont demandé à leurs ressortissants de quitter le territoire.

Depuis l’été dernier, les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, prennent pour cible des convois de carburant et des sites industriels et miniers pour asphyxier l’économie de ce pays sahélien enclavé. Plusieurs compagnies aériennes ont dû annuler ou réaménager leurs vols à destination du Mali en raison de difficultés d’approvisionnement en carburant à l’aéroport de Bamako, a appris l’AFP lundi de sources officielles et auprès de transporteurs aériens. 

Au plus fort de la crise en octobre et novembre, Bamako avait subi d’importantes pénuries en carburant, grippant l’économie de la capitale et entraînant des délestages d’électricité. Des Maliens évoquent sur les réseaux sociaux leurs difficultés à s’approvisionner ces derniers jours à Bamako et à l’intérieur du pays. 

Pour aller plus loin « Beaucoup de gens violés, attaqués, tués »: des réfugiés maliens racontent les atrocités commises par l’Africa Corps russe

Interrogé sur cette situation par TV5MONDE le 22 novembre dernier, Moussa Ag Acharatoumane, membre de la Commission Défense du Conseil National de Transition (CNT) au Mali et figure du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), ancien groupe rebelle et désormais allié des militaires au pouvoir, reconnaît que le pays a connu « une situation difficile » mais « qui n’a pas duré au-delà de deux semaines ». 

Selon Moussa Ag Acharatoumane, « sur l’ensemble du territoire malien, il n’y a pas une localité qui est détenue par le JNIM ». Face à l’offensive de l’armée malienne sur l’ensemble du territoire, « les djihadistes ont changé de méthode », avait-il expliqué. « Ils se sont métastasés comme ils n’arrivent plus à gérer de grandes villes au nord. Maintenant ils arrivent au sud du Mali, ils ont même traversé les frontières maliennes car maintenant cette menace est aussi au Bénin, au Burkina Faso, au Togo. Elle  s’achemine aussi en Côte d’Ivoire. Le Sénégal et la Guinée ne sont aussi pas épargnés par cette menace ».

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