Afrique et non-violence : l’éveil d’un continent pour sauver l’humanité
À l’occasion de l’exposition-conférence tenue le samedi 10 janvier autour du thème « Afrique et non-violence : un défi pour l’humanité », Mouhamed Ally Peerbocus, directeur de l’École internationale Sufi School, a livré un message fort, invitant l’Afrique à prendre pleinement conscience de son rôle historique et spirituel dans le monde contemporain.
Responsable de la Khadim International Sufi School, institution fondée par Cheikh Moudou Bamba et héritière d’une longue lignée spirituelle, Mouhamed Ally Peerbocus s’inscrit dans la continuité des enseignements de figures emblématiques de la non-violence et de l’éveil des consciences. Pour lui, cette conférence visait avant tout à rappeler que « l’Afrique porte une immense responsabilité dans ce qui se passe aujourd’hui dans le monde ».
Selon l’orateur, l’Afrique, malgré ses richesses naturelles, humaines et culturelles, demeure prisonnière de la violence, de la pauvreté et de l’injustice. « C’est pourtant la terre la plus riche du monde, avec la plus grande réserve de jeunesse et de ressources naturelles », souligne-t-il, dénonçant une situation où ces richesses profitent davantage à l’extérieur qu’aux populations locales. Pour Mouhamed Ally Peerbocus, l’enjeu n’est pas seulement économique, mais profondément lié à la conscience et à la responsabilité collective.
S’inspirant de figures telles que Mahatma Gandhi, Martin Luther King, Muhammad Yunus ou encore Nelson Mandela, il rappelle que les grandes transformations ne naissent pas de la violence ou de la domination, mais d’un changement intérieur. « La paix commence par soi-même. Nous sommes tous nés avec la paix, pas avec la haine », affirme-t-il. À travers l’exemple de la microfinance initiée par Muhammad Yunus ou la lutte non violente de Gandhi, il montre que l’éveil de conscience permet aux peuples de reprendre leur destin en main.
Le Sénégal, selon lui, offre également un modèle inspirant avec l’œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba, reconnu par les Nations Unies en 1996 lorsque Touba fut désignée ville modèle de paix. Face à la puissance coloniale, ce dernier a choisi l’éducation, la dignité et l’organisation communautaire plutôt que l’affrontement, prouvant qu’un homme libre peut transformer toute une société.
En conclusion, Mouhamed Ally Peerbocus rappelle que « le changement ne viendra pas d’en haut ». Chaque individu détient un capital humain et spirituel à mettre au service de l’humanité. « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde », conclut-il, appelant l’Afrique à s’éveiller pour aider le monde à sortir de la cupidité et de la violence.
Ousmane GOUDIABY
SUDQUOTIDIEN

