Le Cnrm remplace le Cnra: Ce qui va changer dans la régulation

Le Conseil national de régulation des médias (Cnrm), nouvelle autorité de régulation adoptée mercredi en Conseil des ministres, remplace le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) et marque une étape majeure dans l’évolution du paysage médiatique sénégalais.

L’État du Sénégal s’apprête à renforcer la régulation des médias avec la création du Conseil national de régulation des médias (Cnrm), qui remplacera le Cnra. Le projet de loi a été adopté ce mercredi par le Conseil des ministres.

Cette réforme élargit le champ d’action aux réseaux sociaux, médias en ligne et plateformes numériques.

Le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a présenté cette réforme comme « une régulation modernisée pour des médias libres, responsables et crédibles à l’ère numérique », soulignant qu’il s’agit d’une réforme d’adaptation, pas de régression et d’une régulation inclusive, pas punitive.

Une régulation adaptée à l’ère numérique

Dans une note parvenue à notre rédaction, le ministère a fait savoir qu’«une loi pensée pour 2006 ne peut plus répondre aux enjeux de 2025 ». Le Cnra, créé en 2006, couvrait essentiellement la radio et la télévision.

Avec l’essor des médias en ligne, des créateurs de contenus et des plateformes numériques, il devenait nécessaire de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur de l’information et de la communication.

Le Cnra inclut désormais toutes les formes modernes de médias à savoir la presse en ligne, les créateurs de contenus, les plateformes numériques et les médias étrangers accessibles au Sénégal.

Comme le souligne le ministère dans ce document, « même espace public, mêmes responsabilités », insistant sur la neutralité technologique.

Protection des libertés et des droits

Le projet de loi ne remet pas en cause la liberté de la presse. Au contraire, « le CNRM protège à la fois les citoyens et les professionnels des médias. Réguler, ce n’est pas censurer. C’est protéger », précise le ministère.

L’objectif est d’encadrer les abus, de prévenir les publications attentatoires à la dignité humaine, de lutter contre la désinformation et de garantir un débat public sain. Le cadre légal reconnaît également l’ensemble des métiers des médias et favorise un climat professionnel sain et responsable.

« Une information responsable est un pilier de la démocratie »

Le gouvernement insiste sur le caractère indépendant et transparent de la nouvelle autorité. « Une régulation crédible repose sur une gouvernance claire », lit-on dans le document, qui relève que ledit Conseil disposera de pouvoirs de contrôle et de sanction strictement encadrés, proportionnés et respectueux des droits de la défense.

Il faut enfin noter que cette réforme est conçue comme un instrument de consolidation de la démocratie. « Une information responsable est un pilier de la démocratie », a indiqué le ministère de tutelle. Selon lui, elle permet de lutter contre les dérives, de préserver le débat public et de renforcer la confiance du public dans les médias.

Salla GUEYE
LESOLEIL

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