Venezuela: l’intervention américaine «a sapé un principe fondamental du droit international»
Lors d’un point presse à Genève mardi 6 janvier, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a exprimé sa profonde inquiétude quelques jours après l’intervention américaine et l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro. De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait qualifié les faits de « dangereux précédent ».
Par : Rédaction Internet – source RFI
Ce qu’il faut retenir
► Nicolas Maduro a plaidé non coupable devant un tribunal de New York ce lundi 5 janvier. Il restera en détention jusqu’à la prochaine audience programmée le 17 mars.
► Le président républicain de la Chambre américaine des représentants, Mike Johnson, s’est dit ce lundi favorable à la tenue d’élections au Venezuela dans un « court délai », deux jours après la capture aussi spectaculaire que critiquée du président Nicolas Maduro par l’armée américaine. Le président américain a cependant écarté toute élection au Venezuela le mois prochain.
► Sommée de se conformer aux volontés de Washington, Delcy Rodriguez, qui a été officiellement investie présidente par intérim du Venezuela par l’Assemblée nationale lundi 5 janvier, a affiché sa volonté de coopérer avec Washington dans le cadre de relations « équilibrées et respectueuses (…) fondées sur l’égalité souveraine et la non-ingérence ».
► Emmanuel Macron a affirmé ce lundi en Conseil des ministres que la « méthode utilisée » par les États-Unis pour capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro n’était « ni soutenue, ni approuvée » par la France, a rapporté la porte-parole du gouvernement, tout en ajoutant que Nicolas Maduro était « un dictateur » et que son départ était « une bonne nouvelle pour les Vénézuéliens ».
► Maria Corina Machado, la cheffe de l’opposition vénézuélienne, a affirmé lundi 5 janvier prévoir de revenir « le plus vite possible » dans son pays.
11h53 : [Analyse] Intervention américaine au Venezuela: quels effets sur le conflit russo-ukrainien ?
L’intervention américaine au Venezuela et l’enlèvement de son président Nicolas Maduro pose beaucoup de questions, notamment sur le non-respect du droit international dans cette opération. Et elle n’est pas sans effets sur d’autres conflits en cours, comme celui entre la Russie et l’Ukraine.
10h32 : L’ONU s’inquiète de l’intervention américaine au Venezuela
L’ONU a exprimé, mardi 6 janvier, sa profonde inquiétude après l’intervention militaire américaine au Venezuela, avertissant qu’elle « a sapé un principe fondamental du droit international ». Lors d’un point presse à Genève, Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a rappelé que les « États ne doivent pas menacer ou recourir à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre États ».
De son côté, le secrétaire général des Nations unis, Antonio Guterres, a exprimé lundi 5 janvier sur le réseau social X sa « profonde inquiétude sur la possible intensification de l’instabilité au Venezuela et le potentiel impact que cela pourrait avoir sur toute la région ».
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08h00 : Nicolas Maduro prépare sa défense, rapporte notre correspondant à New York, Vincent Souriau
Lors de sa première audience devant le tribunal fédéral du district sud de New York, qui a duré 40 minutes, le président vénézuélien a plaidé « non coupable » pour l’ensemble des chefs d’accusations retenus contre lui, rapporte notre correspondant à New York. Accusé de « narcoterrorisme », de « trafic de cocaïne » et de « détention d’armes », entre autres choses, le chef d’Etat enlevé par les États-Unis a déclaré être « innocent », « honnête homme » et demeurer le « président de mon pays ».
De son côté, son avocat, Barry Pollack, a plaidé « les immunités attachés » à la fonction de chef de l’État occupée par Nicolas Maduro. Une stratégie déjà employée dans les années 1990 par les avocats de Manuel Noriega, dirigeant du Panama, enlevé lui aussi par les Américains pour être traduit en justice. Son équipe avait mis en avant « l’immunité pénale de juridiction ». Une coutume selon lequel un chef d’État ne peut pas être poursuivi devant les tribunaux d’un pays étranger étant donné qu’il doit pouvoir entretenir des relations avec ses homologues et être libre de se déplacer en dehors de son pays sans être inquiété. D’où l’immunité attachée à ses fonctions.
Une défense qui n’avait pas fait mouche. À l’époque, le dirigeant panaméen avait été condamné, la Maison blanche ne reconnaissant pas sa légitimité. Un narratif que l’on retrouve dans les propos de Donald Trump à propos de Nicolas Maduro.
06h15 : [Reportage] Au Brésil, des rassemblements dans plusieurs grandes villes du pays contre l’intervention américaine au Venezuela
01:23
A Rio de Janeiro, les manifestants dénoncent l’impérialisme américain qui menace désormais toute la régionSarah Cozzolino
05h31 : Au Venezuela, après la sidération, place à la désinformation
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Trois jours après l’enlèvement spectaculaire de Nicolas Maduro et de son épouse par l’armée américaine, les fausses informations inondent les réseaux sociaux. Des vidéos générées par intelligence artificielle et des images sorties de leur contexte cumulent des dizaines de millions de vues. Ces infox sont diffusées par des comptes influents, dont le président des États-Unis lui-même.
Depuis l’arrestation de Nicolas Maduro, Donald Trump cherche à tout prix à imposer le narratif d’une libération du Venezuela. Pour y parvenir, il diffuse en masse des vidéos sur son compte Truth Social, quitte à ressortir de vieilles images du placard. C’est le cas d’un clip montrant des milliers de personnes défilant dans une rue. La légende parle de millions de Vénézuéliens célébrant la chute du régime de Maduro. Mais cette vidéo n’est pas récente. Cette scène a en réalité été filmée en juillet 2024, lors des manifestations contre la réélection contestée de Nicolas Maduro.
Les images ainsi sorties de leur contexte se comptent par centaines ces dernières heures. Une photo de 2003, montrant un soldat américain posant avec l’ancien dictateur irakien, Saddam Hussein, a notamment refait surface. S’ajoutent à cela beaucoup de faux contenus générés par intelligence artificielle. Une désinformation massive qui sème le doute, invisibilisent les vraies images et sature l’espace informationnel.
05h03 : [Reportage] Tandis que Nicolas Maduro était présenté devant un juge à New York, à Caracas, la vie reprenait peu à peu son cours lundi, après les événements du weekend

