Gouvernance et reddition des comptes: Ousmane Sonko réaffirme sa fermeté face aux détournements de deniers publics
À Passy, ce jeudi, pour assister à la clôture des journées culturelles organisées par le maire Baye Niass, le Premier ministre a fait le point sur la situation politique et économique du pays. Ousmane Sonko promet une reddition des comptes sans complaisance et une lutte contre les détournements de deniers publics. Le chef du gouvernement a aussi annoncé un certain nombre de réformes sur le plan administratif, agricole…
FOUNDIOUGNE- Une foule nombreuse s’est rassemblée, hier, devant la mairie de Passy, une commune située dans le département de Foundiougne, pour accueillir le Premier ministre Ousmane Sonko. Comme d’habitude, militants et partisans ont scandé le nom du leader de Pastef malgré les rayons brûlants du soleil. Invité par le maire de Passy, Baye Niass, à assister à la cérémonie de clôture des journées culturelles de la commune. Après avoir fait le procès du régime sortant, le chef du gouvernement est revenu sur la situation politique et économique du pays.
Sous les galvanisations et applaudissements du public venu nombreux, il a réitéré sa détermination à poursuivre toutes les personnes accusées de détournement ou de mauvaise gestion des deniers publics. Il a botté en touche toute idée « d’oubli ou d’impunité ». Le Premier ministre a, par ailleurs, dénoncé la « mauvaise allocation des ressources publiques par le passé ». Il a déploré que les investissements n’aient pas suffisamment servi des secteurs stratégiques comme l’agriculture, l’élevage, l’industrie ou encore les services sociaux de base. Ousmane Sonko a cité l’exemple de l’exploitation des phosphates au Sénégal.
« À son avis, le Sénégal ne peut pas disposer de phosphate et continuer à importer de l’engrais. Plus de 90 % de l’acide phosphorique produit par les Industries chimiques du Sénégal (Ics) sont exportés avant d’être réimportés par notre pays. J’ai mis un terme à cette pratique. C’est l’essence du combat de Pastef », a-t-il dit. En outre, il a appelé la jeunesse à ne pas se laisser abuser par des discours contraires. Le chef du gouvernement a interpellé les citoyens sur leur propre responsabilité, dénonçant « la banalisation de la corruption et les pratiques de distribution d’argent en politique ».
« Un homme politique ne vit que de la confiance des citoyens. Lorsqu’elle disparaît, c’est la fin. La politique n’est ni une affaire de mondanités, ni de combines, ni de détournement. Trahir la confiance du peuple est la pire des choses », a averti le leader de Pastef, rappelant « que chaque décision devra être assumée devant le peuple et devant Dieu ». Toujours à Passy, Ousmane Sonko a annoncé un certain nombre de réformes allant dans le sens de renforcer le pouvoir des collectivités territoriales.
« J’ai présidé un comité pour la mise en place d’un nouveau modèle de décentralisation avec comme objectif de renforcer les ressources financières des mairies et des Conseils départementaux. Aussi, d’augmenter les compétences des mairies en les faisant passer de 9 à 13 ; ce qui leur permettra de répondre aux aspirations des populations locales », a-t-il déclaré. D’après lui, presque 95 % des mairies ont un budget faible. D’où l’importance de renforcer leurs revenus.
Agriculture
Mieux, au grand bonheur de la population de Passy, le Premier ministre a porté à la connaissance du public l’arrivée, dans la commune, d’ici la fin du mois, des ministres en charge de la Santé, de l’Agriculture et de l’Électricité. Selon lui, ces derniers seront dans la zone pour discuter de programmes avec les populations. Alors que beaucoup de populations du monde rural attendent impatiemment l’électrification de leurs villages respectifs, Ousmane Sonko a rappelé les engagements de l’État en ce sens. « Il y a un programme d’électrification pour les îles du Saloum. L’étude d’impact environnemental est presque terminée. Bientôt, cette localité de la région de Fatick sera électrifiée », a-t-il promis.
Coïncidant avec la campagne agricole, l’activité de Passy a été une occasion pour le chef du gouvernement de souligner les difficultés qui gangrènent le secteur de l’agriculture dans la zone et, de façon générale, sur l’ensemble du territoire national. D’après lui, il faudrait passer à une nouvelle politique agricole pour faire face aux difficultés. Ousmane Sonko affirme que le système actuel constitue un casse-tête pour l’État. « Nous avons un système agricole où c’est l’État qui supporte tout : les semences, l’engrais, la commercialisation de l’arachide. Les industriels demandent d’ailleurs 80 FCfa par kilogramme. En même temps, les exportateurs demandent à ce que l’État lève les taxes sur leurs produits », a-t-il rappelé. Ce dernier de préciser que malgré les centaines de milliards de FCfa injectés dans l’agriculture par l’État, les acteurs ne sont toujours pas satisfaits. C’est pourquoi il faudra, à son avis, changer de politique agricole.
« Le système n’est pas bon. Au lieu de continuer avec ces subventions à n’en plus finir, on ferait mieux d’utiliser cet argent pour construire des forages un peu partout, lesquels permettront de cultiver durant toute l’année. Je pense aussi qu’après chaque récolte, l’agriculteur peut garder une partie pour les semences », a déclaré le leader de Pastef, rappelant de la mise en place d’un comité à la Primature dont l’ambition est de changer cette politique agricole.
La commercialisation de l’arachide, qui fait débat actuellement, a aussi interpellé l’ancien maire de Ziguinchor. Selon lui, la campagne de cette année est exceptionnelle avec 900.000 tonnes récoltées contre 600.000 l’année dernière. Toutefois, il a assuré que la production d’arachide sera vendue.
El hadji Fodé SARR (Correspondant)
LESOLEIL

