La protection des journalistes « concerne toute la société », selon la directrice de l’Unesco

La protection des journalistes « concerne toute la société », gouvernements comme citoyens, a estimé mardi la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, dans un entretien à l’AFP à l’occasion de la conférence mondiale de l’Unesco de la Journée internationale de la liberté de la presse.

Interrogée sur les menaces qui pèsent sur les journalistes au Mexique, un des pays les plus meurtriers au monde pour cette profession, Mme Azoulay a estimé que cette question « concerne toute la société, y compris les gouvernements qui doivent aider aux mécanismes de protection ».

« Cela concerne aussi les citoyens qui doivent se mobiliser pour comprendre que cette liberté-là, celle des journalistes, c’est la leur, la possibilité d’avoir accès à une information juste, une information indépendante », a-t-elle ajouté depuis Punta del Este, dans l’est de l’Uruguay où se tient jusqu’à mercredi cette conférence annuelle, consacrée en 2022 au « Journalisme sous l’emprise numérique ».

A cette occasion, le prix mondial de la liberté de la presse de l’Unesco, qui a récompensé fin avril l’Association des journalistes du Belarus (AJB), a été remis lundi soir à son président Andreï Bastunets.

« Nous, journalistes, défendons la vérité et nous sommes solidaires », a déclaré M. Bastunets, en saluant « l’immense courage » de ses collègues qui restent au Bélarus « engagés à apporter des informations véridiques à la société ».

Le journaliste a lui même été contraint de fuir son pays en 2021 et vit depuis dans un lieu secret. Sa présence à Punta del Este pour la réception du prix n’avait pas été annoncée.

Le président de l’association, qui s’exprimait en russe, a rappelé qu' »au cours des deux dernières années » et la réélection controversée du président Alexandre Loukachenko, des centaines de journalistes ont été menacés, emprisonnés, obligés de fuir le Bélarus.

Fondée en 1995, en réaction à l’arrivée au pouvoir de M. Loukachenko un an plus tôt, et forte de 1.300 membres, l’AJB se battait pour préserver la liberté de la presse dans au Bélarus mais a été contrainte de mettre fin à ses activités au moment de la vague de répression de l’été 2021.

Andreï Bastunets a également souligné le travail accompli par les journalistes locaux et étrangers qui couvrent la guerre en Ukraine. « Ce prix est un appui à toute la communauté du journalisme indépendant », a-t-il déclaré.

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