Violence faites aux femmes

: en Afrique du Sud, cinq fois plus de féminicides que dans le reste du monde

Il s’agit pourtant d’une des promesses répétées du président Cyril Ramaphosa, pour qui les violences faites aux femmes sont la « deuxième pandémie du pays ». Un grand plan national a d’ailleurs été lancé depuis 2018, financé à hauteur d’un milliard d’euros pour les trois prochaines années, avec l’accent mis notamment sur le renforcement des moyens judiciaires.

Il est difficile de mesurer exactement l’évolution de la situation, puisque les différents confinements ont faussé les chiffres officiels. Mais elle reste « très préoccupante » selon le ministre de la Police, alors que par exemple près de 10 000 viols ont été enregistrés sur les trois derniers mois.

Et selon la société civile et les experts de l’ONU, les politiques du gouvernement sont bien trop lentes pour répondre à l’urgence de la crise : les affaires judiciaires prennent encore trop de temps avant d’être traitées, et les victimes peinent à obtenir une protection. Sans compter que les refuges qui pourraient temporairement les héberger manquent cruellement de financements.

Certaines organisations appellent par ailleurs à enclencher le dialogue avec les hommes du pays, pour pouvoir un jour observer un changement de comportements et de mentalités.

 

: à Marseille, les policiers se forment à l’accueil des femmes victimes de violences

Marseille, la cité Benza dans le 10e arrondissement.
Marseille, la cité Benza dans le 10e arrondissement. AFP – GERARD JULIEN

C’est la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. On sait qu’il est souvent difficile pour les victimes de porter plainte. Notamment parce qu’elles ne se sentent pas suffisamment en confiance, ou bien accompagnées par les policiers. Les autorités tentent de trouver des solutions. Ainsi à Marseille, où le commissariat de la division Nord a mis en place un pôle d’accueil dédié.

avec notre correspondant à Marseille, Yoram Melloul – RFI

Les victimes de violences n’ont qu’à poser la main sur un papier de couleur orange pour se signaler discrètement à l’entrée et être prises à part. Des femmes victimes de violences, il y en a une à deux par jour dans ce commissariat.

Virginie Bénard s’occupe de l’accueil. Elle a appris à les repérer. « Elles vont être assez renfermée, elles vont être assez timides. Et elles ont toujours du mal à se positionner en tant que victime : ‘Oui mais c’est le père de mes enfants, oui mais ça je l’ai pas fait assez bien’ ». Mais ce sont des victimes et il faut bien le leur faire comprendre.

Tout se joue au niveau de la vitesse de prise en charge.  « Malheureusement, si on les laisse attendre trop longtemps, elles peuvent cogiter. Et se dire ‘oui attends, je vais déposer plainte et ça va engendrer ça’… donc c’est important que ces personnes soient prises en charger très rapidement », ajoute Virginie Bénard.

Un module de quatre heures sur les violences conjugales a été ajouté à la formation des policiers. Et pour améliorer l’accueil, la préfète de police des Bouches-du-Rhône, Frédérique Camilleri, promet que les services sont à l’écoute des victimes malmenées dans les commissariats. « L’objectif final, c’est que les personnes qui font la démarche de venir dans ce commissariat puissent être accompagnées de façon optimale, nous expliqueFrédérique Camilleri, et qu’il n’y ait aucun frein qui les empêche d’aller au bout de ce processus. »

Depuis 2016, le nombre de plaintes pour violences conjugales a augmenté de 50% sur le département des Bouches-du-Rhône. Signe, selon la préfète de police, que l’accueil s’est amélioré.

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au Mexique, les féministes plaident pour la légitime défense face aux féminicides

Jeune fille masquée devant des graffitis contre les violences faites aux femmes en novembre 2020 (Image illustration).
Jeune fille masquée devant des graffitis contre les violences faites aux femmes en novembre 2020 (Image illustration). AP – Ginnette Riquelme

Ce jeudi 25 novembre, c’est la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Au Mexique, 10 femmes sont assassinées chaque jour. Quelques 3 700 morts violentes ont été enregistrées en 2020, mais moins d’un quart ont fait l’objet d’une enquête pour féminicide. La faute aux défaillances du système judiciaire. Mais les femmes cherchent à se défendre, notamment par la pratique des sports de combat.

Les féministes au Mexique plaident pour la légitime défense et la pratique des sports de combat face aux féminicides qui se succèdent à une moyenne de plus de deux par jour. Les manifestantes vont sans doute réclamer la libération de Roxana Ruiz, en détention préventive depuis mai dernier, à Mexico ce jeudi à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Roxana Ruiz, 21 ans, mère d’un petit garçon de quatre ans, est accusée d’avoir tué l’homme qui, d’après son témoignage, l’a violée et a menacé de la tuer en mai dernier. « Maintenant que je suis en prison, je me dis que les lois et la société sont injustes, écrit la jeune femme depuis la prison, dans une lettre rendue publique le 22 octobre. J’aurais peut-être dû laisser mon agresseur s’en sortir et qu’il me laisse morte ou blessée. »

 

Dans sa lettre, Roxana Ruiz raconte qu’après avoir pris une bière avec une collègue, une vague connaissance a insisté pour la raccompagner puis pour dormir chez elle. L’homme l’a ensuite agressée sexuellement, et frappée en proférant des menaces de mort, d’après son témoignage. Elle ajoute qu’elle a asphyxié son agresseur en se défendant avec une chemise.

« Un tiers des meurtres de femmes sont des féminicides »

De janvier à septembre, le Mexique et ses 128 millions d’habitants ont enregistré 736 féminicides. Au 975, il y en eu au total l’année dernière, d’après les chiffres officiels. « Environ un tiers des meurtres de femmes au Mexique sont des féminicides, mais cette piste n’est pas suffisamment exploitée, estime Edith Olivares Ferreto, directrice d’Amnesty International Mexique au micro de Melissa Barra,de la rédaction en espagnol de RFI. Il y a des pertes de preuves. Il n’existe pas non plus d’instruments permettant de conserver les preuves ou de les collecter à temps, et la question du genre n’est pas prise en compte ou pas suffisamment. »

Par exemple, les expertises nécessaires pour qualifier le meurtre de féminicide ne sont pas collectées. « Le prélèvement vaginal qui permet de déterminer des violences sexuelles, l’examen des ongles pour déterminer si la victime s’est défendue et qui peut aussi permettre de récolter de l’ADN. Si ces preuves ne sont pas collectées à temps, elles se perdent à jamais. Toutes les pistes ne sont pas exploitées jusqu’au bout, ce qui explique pourquoi les dossiers restent ouverts 5, 10, 15, 20 ans, sans pouvoir être clôturés et portés devant les tribunaux », ajoute Edith Olivares Ferreto.

Soutien de la société

En 2013 déjà, le cas de Yakiri Rubio, qui avait blessé à mort son agresseur sexuel à Tepito, un quartier chaud de Mexico, avait troublé l’opinion publique. Rubio, 28 ans aujourd’hui, a été acquittée en mai 2015 après de la détention préventive puis une période de liberté conditionnelle. Son avocate Ana Suarez avait réussi à plaider la légitime défense.

Les autorités « n’aiment pas savoir que nous autres, les femmes nous sommes capables de nous défendre », accuse aujourd’hui encore la jeune femme, qui se présente comme « activiste, féministe, politique mexicaine, en lutte pour les causes sociales et les droits humains ». Avec son avocate, elle travaille dans une association contre la violence faite aux femmes, qui dispense aux femmes des cours de jiu-jitsu, un art martial. 

Forte de sa dramatique expérience, Yakiri Rubio conseille aux femmes de bien se renseigner si elles ont affaire à la justice pour des cas de légitime défense. Et en guise de conclusion : « Il est important que la famille te croie, que la société te soutienne et prenne soin de toi, et que les médias racontent l’exacte vérité ».

Et avec AFP)

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