La vaccination et les mesures barrières en berne, lors de la rentrée des classes du corps enseignant

Le corps enseignant a signé sa rentrée scolaire hier, lundi 11 octobre, sur toute l’étendue du territoire national Sénégalais. Sur les mesures prises pour lutter contre le coronavirus, la vaccination n’est pas inscrite au premier rang des priorités, selon plusieurs enseignants.

Le ministre de la Santé et de l’action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, avait annoncé au mois de septembre la mise en place d’une stratégie de vaccination ciblant les enseignants, les élèves et les étudiants, en perspective de la rentrée scolaire et universitaire. Aujourd’hui que le corps enseignant a repris le chemin de l’école, plusieurs de ses membres n’ont pas été vaccinés. Un choix qu’ils ont adopté. Selon Marie Sarr Cissé, enseignante dans une école privée laïque de la place : « je me suis vaccinée mais ce n’est pas parce que le ministre de la Santé l’a demandé que je l’ai fait. La vaccination étant un acte individuel, chacun doit décider de s’y soumettre ou pas».

Au niveau de l’école Madièye Sall située en face des Hlm 1 et 2, la vaccination contre Covid n’est pas une exigence de la direction. « Nous aimerions voir tous nos enseignants se faire vacciner mais s’il y en a qui ne le sont pas, on ne peut pas les obliger à le faire ». a renseigné un membre du staff technique. Pour le ministre Abdoulaye Diouf Sarr, l’idée est de travailler dans une stratégie de ciblage qui va permettre à tous les enseignants et les étudiants d’être vaccinés avant de rejoindre les classes et les universités. Et son homologue de l’éducation nationale, Mamadou Talla de renseigner : « il n’y a pas de pass sanitaire et de vaccination obligatoire au Sénégal. La vaccination est personnelle et volontaire, mais je ne doute point que beaucoup d’enseignants se sont vaccinés et ont été les premiers à le faire ».

La vaccination, une exigence pour l’université

Contrairement aux enseignants, l’université Cheikh Anta Diop exige la vaccination pour entrer dans les campus et dans certains endroits comme les restaurants. Une mesure qui divise les universitaires. « Nous sommes dans un Etat de droit, les autorités universitaires ne peuvent pas nous interdire l’entrée dans le campus ou dans certains lieux parce que tout simplement, on ne s’est pas vacciné contre la covid » a déclaré Mamadou Lamine Sarr, étudiant en Faculté de droit en troisième année. Et de poursuivre : « le pass sanitaire n’est pas une décision politique, il n’y a aucun décret ou arrêté qui nous oblige à nous y conformer».

Contrairement à Mamadou Lamine Sarr, Mohamed Ndiaye a déjà pris ses deux doses de vaccin. Selon ce dernier, la maladie est toujours là et il faut se vacciner pour être à l’abri des formes graves où sévères qui peuvent conduire à la mort. « C’est une responsabilité en soi que tout un chacun doit faire. On ne doit pas attendre l’appel des autorités ou qu’on nous barre la route pour aller se faire vacciner. Chacun est responsable de sa vie » a-t-il avancé. Cependant, il alerte : « la décision risque de poser beaucoup de mal pour l’enseignement universitaire et des mouvements d’humeur ne sont pas à écarter si les autorités de l’Ucad persistent sur la vaccination de ses pensionnaires ».

Les mesures barrières en berne

Dans plusieurs établissements scolaires visités hier, lundi, l’absence de mesures barrières est une réalité. Même le port de masque n’est pas obligatoire pour les parents et les élèves qui s’y sont rendus. Ce constat est plus réel dans les écoles publiques qui manquent d’eau, de ressources financières. Dans la localité des Hlm, à Dakar, quelques élèves se pavanent dans la cour de l’école au moment où le corps enseignant retire les fiches et d’autres s’activent pour le dispatching des élèves. Les emplois du temps sont presque prêts, seuls quelques réaménagements se font. Malgré cette routine qui va durer dix mois, les mesures barrières, gels hydrologiques, matériels de lavage des mains, semblent être absentes du décor.

La vaccination dans les structures de santé.

Depuis quelque temps, la vaccination est au ralenti dans différents établissements de santé. Certains n’arrivent pas à atteindre le quota pour l’administration d’un flacon de vaccin anti covid. Seuls les districts de santé arrivent à s’acquitter de cette tâche. Une situation qui semble renseigner sur la non applicabilité des acteurs de l’éducation pour répondre à l’appel du ministre de la Santé qui compte faire vacciner tous les enseignants où qu’ils puissent être. Selon un des demandeurs, Moussa Sané du quartier Grand Dakar, les « séances de vaccination prennent du temps dans les postes de santé. L’attente peut aller jusqu’à une semaine avant qu’on ne t’appelle. Au niveau du district de Gaspard Kamara, c’est immédiat » a-t-il renseigné. Pour Amadou Ndiaye, enseignant de profession, il y a un problème dans la distribution de vaccins. « Certaines structures en sont dépourvues et c’est le cas au niveau des postes de santé qui polarisent le plus souvent plusieurs écoles élémentaires et secondaires ».

Denise ZAROUR MEDANG
SUDONLINE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *