L’Assemblée nationale sur la sellette , en prélude du vote prochain du projet budget 2022

Dans les prochaines semaines, l’Assemblée nationale votera le projet de loi de finances (budget) pour l’exercice 2022. Ce marathon budgétaire va intervenir dans un contexte assez particulier, l’hémicycle étant secoué par un présumé trafic de passeports diplomatiques.

Le gouvernement a adopté, en Conseil du ministre, le mercredi 6 octobre 2021, le projet de budget de l’Etat du Sénégal pour l’année 2022. Ce projet de loi de finances pour l’exercice 2022 est évalué à plus de 5150 milliards de F CFA, contre 4589 milliards l’exercice en cours. Soit une augmentation de plus du double du budget, en 10 ans. Il s’en suivra l’adoption de ce budget par l’Assemblée nationale, dans les semaines à venir.

Seulement, ce vote du budget intervient dans un contexte assez difficile, parce que l’image de l’hémicycle étant ternie par un supposé trafic de passeports diplomatiques. Deux députés se verront, dès le début des travaux, suite à l’ouverture de la session le 14 octobre prochain, mis en avant car il sera question de la levée de leur immunité parlementaire afin d’être «livrés» à la justice. Il s’agit de Boubacar Biaye et Mamadou Sall cités dans un trafic présumé de passeports diplomatiques.

Ce trafic supposé de passeports diplomatiques sera donc un événement de plus qui viendra se greffer au mauvais jugement que certains Sénégalais font de la représentation parlementaire. Les piques, répliques et autres coups bas entre parlementaires sont déjà de trop pour les citoyens. Il y a aussi les invectives fréquentes. Il s’y ajoute la bagarre entre le député de Louga, Amadou Mberry Sylla, et le leader du Pastef, Ousmane Sonko.

Avant cela, il y a eu l’affaire du trafic de faux billets impliquant le député Seydina Fall dit «Bougazelli». Les dossiers de viol et de la caisse d’avance impliquant Ousmane Sonko et l’ancien maire de la Ville de Dakar, Khalifa Ababacar Sall avaient aussi fortement secoué l’Assemblée nationale.

L’attitude peu glorieuse de parlementaires ne méritant pas le titre de «représentants du peuple» n’échappe pas souvent aux leaders d’opinion qui, de temps à autre, prêchent pour un changement de comportements. En août dernier, le Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, a eu à faire une invite dans ce sens.

«Dans un pays normal, les grandes décisions politiques engageant la vie et l’avenir de la Nation passent d’abord à l’Assemblée nationale où les députés en débattent et en discutent sérieusement. Mais, pour dire la vérité, cela n’existe pas dans notre Assemblée nationale. Il n’y a que des disputes, des députés qui se battent, qui s’insultent, se disent des insanités. Quand celui de votre camp dit un mensonge, vous le défendez. Et quand celui qui est du camp adverse dit la vérité, vous contestez. C’est ce qui existe au Sénégal. Ce ne sont pas des inventions, ce sont eux qui l’ont fait, devant tout le monde», avait-t-il souligné. Avant d’estimer que l’Assemblée nationale devrait servir de tribune aux parlementaires pour exposer les doléances des populations qui ont mandaté ses membres.

Fatou NDIAYE
SUDONLINE

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