L’IPAR donne ses recette pour une souveraineté alimentaire

(APS) – L’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR) recommande aux pouvoirs publics sénégalais de soutenir l’agriculture familiale, de professionnaliser la transformation de la production, de constituer les producteurs en réseaux et de faciliter leur accès au marché, en vue de la réussite de la politique de souveraineté alimentaire.

L’IPAR a fait ces recommandations lors d’une réunion consacrée au partage des résultats d’une étude prenant en compte les volets production, transformation, commercialisation et financement des filières mil et maïs.

L’Initiative prospective agricole et rurale réunit des chercheurs qui se consacrent aux politiques agricoles et rurales au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. ‘’La première recommandation que nous avons faite, c’est de former les acteurs de la transformation […] Il faut les fédérer. Quand on est un petit groupement, on ne peut pas accéder à certains marchés’’, a dit Laure Tall, directrice de recherche à l’IPAR. ‘’Il faut aussi les constituer en réseaux en mettant en place des plateformes de partage de l’information sur les financements’’, recommande Mme Tall en s’entretenant avec les journalistes en marge de la rencontre.

Elle a relevé ‘’le caractère très peu professionnel de la transformation des céréales’’ au Sénégal. La directrice de recherche de l’IPAR conseille aux pouvoirs publics de ‘’professionnaliser’’ et d’‘’industrialiser’’ la transformation des produits agricoles. ‘’Puisque le gouvernement du Sénégal s’est fortement engagé dans une politique de souveraineté alimentaire, avec une stratégie lancée […] récemment, nous nous sommes dit que nous devons maintenant lui faire des propositions en lui disant qu’il peut y arriver en aidant les producteurs et les entreprises de transformation de céréales locales’’, a souligné Laure Tall.

Le soutien de l’Etat à l’agriculture familiale est une nécessité, car les exploitations faites par les ménages concentrent la majorité des surfaces emblavées, selon elle. ‘’La souveraineté alimentaire ne peut être réalisée sans l’agriculture familiale’’, a insisté Mme Tall.‘’Il faut produire plus. Il ne peut pas y avoir une industrialisation de la transformation sans une importante production. Nous constatons que la production de mil et de maïs reste faible. Produisons plus et mieux’’, a-t-elle proposé.

Mobiliser le secteur privé national ‘’Nombreuses sont les initiatives […] visant à améliorer les méthodes de conservation, la modernisation des procédés de transformation, de conditionnement et de transport […] Mais force est de reconnaître que l’impact de ces interventions dispersées sur ces chaînes de valeur agricoles reste encore limité dans le temps et l’espace, du fait des décalages et déconnexions entre les interventions’’, a relevé l’IPAR dans un document.

Ce constat découle de l’étude menée sur un projet mis en œuvre au cours des deux dernières années, avec le soutien de la Fondation de France et du Comité français pour la solidarité internationale, selon l’Initiative prospective agricole et rurale.

‘’Il y a quatre goulots d’étranglement : les facteurs de production, c’est-à-dire l’accès au foncier, aux intrants et à tout ce qui qui permet d’avoir de bons rendements et une bonne productivité. Le deuxième, c’est le financement […] Le troisième, c’est la formation. Le quatrième, c’est la famille. Il s’agit des exploitations familiales’’, a souligné Boubacar Dramé, conseiller technique au ministère de l’Agriculture, de l’Equipement rural et de la Souveraineté alimentaire (MAERSA). Au Sénégal, les exploitations familiales représentent 70 à 80 % de la production agricole, selon M. Dramé, qui a pris part à la rencontre.

‘’Comment rendre ces exploitations familiales compétitives ? Comment faire pour qu’elles accèdent au marché local ?’’ s’est-il demandé, estimant que la politique nationale de souveraineté alimentaire doit trouver des réponses à ces questions.

L’ISRA a fait des ‘’avancées énormes’’, concernant les semences, a souligné le conseiller technique du MAERSA, signalant qu’‘’il reste à mobiliser le secteur privé national’’.

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