Foncier à Daga Kholpa : Le cri d’alarme des villages spoliés retentit devant la Commission d’enquête parlementaire
Les promesses d’une ville moderne ont laissé place à un cauchemar foncier. Ce mercredi 28 octobre 2026, la Commission d’enquête parlementaire sur les présumés manquements graves dans la gestion foncière, présidée par le député Oumar SY, a auditionné le collectif des impactés du pôle urbain de Daga Kholpa. Face aux parlementaires, Moussa SENE, coordonnateur du Collectif pour la défense des intérêts des villages impactés, et son acolyte Souleymane CISS, ont tiré sur le projet qui, depuis 2020, menace le mode de vie de huit localités, dont Dagga et Kholpa.
Les représentants ont rappelé que les autorités avaient vendu un rêve aux populations lors des consultations publiques qui était « un projet de ville moderne comprenant notamment des hôpitaux, des stades, des autoroutes, des infrastructures industrielles et divers aménagements ». Mais aujourd’hui, le constat est amer. Ce qui devait être un levier de développement s’est transformé en une machine à déposséder. Le collectif a fustigé le décalage criant entre les réalisations annoncées et la situation vécue par les habitants, dénonçant des empiètements intolérables.
Au cœur des débats, la question épineuse des attributions. Les députés ont écouté avec attention les révélations sur les incohérences présumées entre les superficies prévues par les textes de répartition et celles réellement distribuées. Pire encore, le collectif a dénoncé des attributions qui engloutissent des habitations, des champs et des vergers appartenant aux populations locales. Une situation qui attise les tensions et nourrit une profonde insécurité foncière.
L’amertume est d’autant plus grande que les impactés s’estiment trahis par le manque de considération des autorités. Malgré les multiples démarches effectuées auprès des chefs de village, des maires, du préfet de Mbour et des services de l’Urbanisme, la voix des populations reste inaudible. Les représentants ont notamment rappelé qu’en 2023, un comité de suivi avait été mis en place par le ministre, sans que cela ne change la donne sur le terrain.
Le dossier social et environnemental est tout aussi explosif. Les indemnisations promises aux populations affectées se font toujours attendre, alors que leurs biens ont déjà été recensés. Sur le plan de l’environnement, l’exploitation des carrières aggrave la situation, avec son lot de pollution et l’absence de remise en état des sites après exploitation.
Pour tenter de faire entendre raison à l’État, les représentants ont révélé avoir saisi la Banque mondiale concernant l’étude d’impact environnemental et social liée au site de la Société d’aménagement foncier et de rénovation urbaine (SAFRU). «L’institution aurait jugé leurs revendications légitimes et recommandé à l’État de régler les problèmes soulevés avant tout nouvel investissement », indique le communiqué de l’Assemblée nationale .
Au terme de cette audition, le Collectif a haussé le ton en exigeant des actes immédiats. Ils réclament l’annulation pure et simple des baux contestés et la reprise des procédures d’attribution, s’appuyant sur les recommandations du comité ad hoc mis en place sous Ousmane SONKO. Ils plaident également pour une véritable association des villages au processus d’aménagement, une clarification des écarts de superficies et une sécurisation urgente de leurs droits fonciers.
SOURCE WALFADJRI

