Sous pression américaine, la CPI décroche le prix Sakharov
Le Parlement européen a décerné, jeudi 22 octobre, le prix Sakharov 2026 à la Cour pénale internationale (CPI), en reconnaissance de son action en faveur du droit et de la justice à l’échelle internationale. L’annonce a été faite à Strasbourg par la présidente de l’institution, Roberta METSOLA, dans un contexte de fortes pressions exercées sur la juridiction, notamment par les États-Unis.
Cette distinction intervient alors que Washington a imposé des sanctions contre des magistrats et des responsables de la CPI, avant de viser l’institution elle-même. Les mesures américaines sont présentées comme une tentative d’entraver son fonctionnement et son mandat judiciaire. La présidente de la Cour, Tomoko AKANE, a salué une marque de soutien face à des « défis sans précédent ».
Le choix du Parlement européen envoie ainsi un signal politique en faveur de l’indépendance de la justice internationale. La gauche et le centre ont soutenu la candidature de la CPI, tandis que le vote de la droite européenne a contribué à faire pencher la décision en sa faveur, malgré son soutien initial à l’opposant tanzanien Tundu LISSU.
Créé en 1988 en hommage au dissident soviétique Andreï SAKHAROV, ce prix récompense chaque année des personnes ou des organisations engagées pour les droits humains, la démocratie et la liberté de pensée. En distinguant la CPI, le Parlement européen réaffirme son attachement au multilatéralisme et aux institutions judiciaires indépendantes, alors que la Cour fait également l’objet de pressions de la Russie.
Babacar NGOM
SOURCE WALFDJRI

