Sénégal: seules 240 ONG sur 800 respectent leur obligation de transmission de rapports d’activités
Sur les 800 organisations non gouvernementales (ONG) répertoriées au Sénégal, seules 240 transmettent leurs rapports d’activités aux autorités étatiques, selon Fatou Mokhtar Fall Faye, directrice du partenariat et des ONG à la Direction générale de l’administration territoriale. Un constat qui remet en lumière les enjeux de transparence et de redevabilité dans le secteur de la société civile.
La transmission des rapports d’activités reste une obligation peu respectée par les ONG au Sénégal. Sur 800 organisations répertoriées, seules 240 se conforment à cette exigence, a révélé mercredi à Dakar Fatou Mokhtar Fall FAYE, directrice du partenariat et des ONG au sein de la Direction générale de l’administration territoriale.
« Il est demandé à l’ensemble des ONG légalement reconnues au Sénégal de transmettre des rapports d’activités semestriels et annuels aux préfets et aux gouverneurs de région. Et nous avons constaté que, sur les 800 ONG répertoriées au Sénégal, il n’y en a que 240 qui respectent cette obligation de transmission », a-t-elle déclaré.
Cette déclaration a été faite lors d’un atelier de réflexion sur le développement durable post-2030, organisé par le Conseil des organisations non gouvernementales d’appui au développement (CONGAD), avec l’appui de FORUS, dans le cadre du projet Cycle 7.
Un déficit de redevabilité qui limite l’évaluation des investissements
Pour Fatou Mokhtar Fall FAYE, le non-respect de cette obligation complique le suivi des interventions menées par les organisations sur le terrain. L’absence de rapports rend notamment difficile la capitalisation des investissements réalisés et l’évaluation de leurs retombées.
« Nous ne pouvons pas capitaliser l’ensemble des investissements qui sont menés sur le terrain, ni mesurer l’impact, parce que derrière, il n’y a pas une meilleure appropriation des aspects liés à la redevabilité », a-t-elle souligné.
La responsable a ainsi rappelé à la société civile l’importance de respecter les principes de transparence et de redevabilité, estimant que les organisations doivent elles-mêmes donner l’exemple dans leur mise en œuvre.
La plateforme e-OSC pour une meilleure visibilité des organisations
Face à ces difficultés, la Direction du partenariat et des ONG entend poursuivre ses efforts d’accompagnement des organisations vers la conformité aux obligations qui leur incombent.
Dans cette perspective, la plateforme e-OSC a été lancée afin de permettre une cartographie nationale des ONG et des associations. Selon Fatou Mokhtar Fall FAYE, cet outil vise à améliorer la visibilité des acteurs de la société civile et à faciliter l’évaluation des investissements réalisés sur le terrain.
Cheikh DIAGNE
WALFADJRI

