« Le choix clair de l’unité »: l’Alberta dit non à son indépendance et reste au Canada

Ce lundi 19 octobre, les habitants de la riche province pétrolière de l’Alberta ont massivement refusé qu’un référendum sur leur séparation du Canada soit organisé, selon les chaînes CBC et CTV. Une victoire pour le Premier ministre Mark Carney, qui s’était personnellement engagé dans la campagne.

Par Pascale Veysset avec agences – SOURCE TV5

Le Premier ministre canadien a salué, mardi 20 octobre, le « choix clair » de l’« unité » fait par les électeurs de l’Alberta, qui se sont massivement opposés à l’organisation d’un référendum d’indépendance promu par le mouvement séparatiste. Le résultat de ce scrutin signifie que l’Alberta et le Canada vont aller « de l’avant ensemble, avec une détermination renouvelée et une grande ambition », a-t-il ajouté.

Lors de ce scrutin test pour l’unité du pays en pleine guerre commerciale avec les États-Unis, les électeurs avaient deux options sur leur bulletin de vote : rester au sein du Canada ou confier à leur gouvernement provincial le mandat pour organiser un référendum contraignant sur l’indépendance.

Selon de premières projections, publiées par les chaînes publique CBC et privée CTV, les soutiens du maintien au sein du Canada l’ont très largement emporté avec plus de 76% des suffrages, tandis que les partisans d’un référendum promu par le mouvement séparatiste ont récolté environ 23% des voix.

Une victoire pour Mark Carney

Ce résultat est une victoire pour Mark Carney, qui a grandi dans l’Alberta et a parcouru la semaine dernière la province pour appeler les partisans de l’unité du pays à se mobiliser en masse. « Le Canada mérite qu’on se batte pour lui. (…) Votez pour le Canada », avait-il encore dit lundi.

L’issue du scrutin confirme les enquêtes d’opinion qui plaçaient le soutien à la sécession à moins de 25%.« Nous ne sommes pas ce soir à la ligne d’arrivée. Nous avons réveillé quelque chose dans cette province et cet esprit n’est pas près de disparaître », a assuré, avant ces premières estimations, Mitch Sylvestre, l’un des dirigeants du mouvement séparatiste devant ses partisans réunis à Edmonton.

Marginal il y a encore quelques années, le mouvement séparatiste a suscité l’intérêt de l’administration Trump, qui menace régulièrement d’annexer le Canada, et de ses alliés. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a qualifié en début d’année l’Alberta de « partenaire naturel » pour les États-Unis, tandis que les indépendantistes ont été reçus au département d’État. Le multimilliardaire Elon Musk a, lui, plaidé début octobre pour la sécession de la province.Lire la vidéo

L’Alberta dispose, avec ses gisements de sables bitumineux, des quatrièmes réserves mondiales prouvées de pétrole. Ces richesses sont au centre des revendications des séparatistes qui affirment que l’État fédéral a étouffé l’industrie pétrolière avec ses réglementations environnementales, en particulier durant le mandat de l’ex-Premier ministre Justin Trudeau.

Rompant avec ce dernier, Mark Carney s’est rapproché des autorités de l’Alberta et a accéléré la construction d’un nouvel oléoduc vers la côte Pacifique. Ce projet, qui doit permettre d’exporter le pétrole de l’Alberta en Asie, est l’un des piliers de sa stratégie visant à réduire la dépendance du Canada à l’égard des États-Unis.

« Arrêter les séparatistes »

David Gallagher, 58 ans, a voté lundi pour rester au sein du Canada et « arrêter » les séparatistes. « Aucun de leurs arguments n’a de sens », a-t-il dit à Edmonton. Même s’il ne veut pas que l’Alberta devienne indépendante, Hayden Chann, étudiant de 21 ans, a soutenu en revanche l’organisation d’un référendum « afin de donner le choix au peuple ».

En mai, le mouvement séparatiste était parvenu à recueillir suffisamment de signatures pour déclencher un référendum d’initiative populaire sur l’indépendance, avant qu’un juge local ne l’annule pour des motifs constitutionnels. Mais la dirigeante conservatrice de la province, Danielle Smith, opposée à l’indépendance mais dont le parti compte des séparatistes dans ses rangs,  a décidé d’organiser sa propre consultation.

Au-delà de l’Alberta, Mark Carney est confronté à d’autres velléités indépendantistes dans la province francophone du Québec, où le Parti québécois, qui a remporté les élections début octobre, promet un nouveau référendum d’indépendance.

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