Grève à la SENELEC : Le SUTELEC clarifie sa position et répond au Directeur Général
Dans une correspondance officielle datée du 19 octobre 2026, le Syndicat Unique des Travailleurs de l’Electricité (SUTELEC) s’adresse directement à Papa Toby GAYE, Directeur Général de la SENELEC. Il s’agit d’une « mise au point relative à la légalité et à la légitimité du mouvement de grève des 21, 22 et 23 octobre 2026 ». Le syndicat réagit à une note d’information émise par la Direction générale de SENELEC. Cette note, basée sur des renseignements reçus par des « canaux non officiels » faisait état de l’intention du SUTELEC de faire grève, avec « l’absence alléguée de notification formelle d’un préavis de grève émanant de notre organisation ».
Pour couper court à toute polémique, le SUTELEC rappelle les faits. Le syndicat indique qu’à l’issue de la réunion de son Conseil Syndical National tenue le 3 octobre 2026, il a décidé de « participer au mouvement de grève de 72 heures décrété par le Front Syndical pour la Défense du Travail (FSDT) ».
Afin de lever toute ambiguïté sur sa participation à ce mouvement et sur ses fondements juridiques, l’organisation syndicale précise son statut. Elle affirme être membre fondateur de l’Union Nationale des Syndicats Autonomes du Sénégal (UNSAS) et demeurer, « à ce jour, membre à part entière de cette centrale syndicale ». Pour appuyer cette appartenance, le SUTELEC cite textuellement l’article 3 du règlement intérieur de l’UNSAS.
« La qualité de membre se perd par dissolution, démission ou exclusion. La démission doit être adressée par écrit directement au Secrétaire Général National qui transmet au Bureau Exécutif. L’exclusion est prononcée par le Congrès sur proposition du Bureau Exécutif. Le syndicat mis en cause devra cependant avant tout être entendu par la Commission des conflits », informe le communiqué.
Le syndicat insiste sur le fait qu’il n’a « ni démissionné de l’UNSAS ni fait l’objet d’aucune procédure d’exclusion. Il n’a pas davantage été dissous ». Par conséquent, le SUTELEC martèle que « notre appartenance à l’UNSAS demeure pleinement effective et ne saurait être remise en cause en dehors des procédures prévues par les textes régissant cette centrale syndicale ».
Abordant la question de la régularité du préavis de grève, le SUTELEC explique que le mouvement s’inscrit dans le cadre d’un mot d’ordre national lancé par le FSDT, auquel l’UNSAS est partie prenante. Le courrier précise que ledit Front « a officiellement déposé un préavis de grève auprès du ministère chargé du Travail, dont le délai de ce préavis est arrivé à expiration ». Le syndicat souligne que cette mobilisation n’est « ni une initiative improvisée ni une démarche isolée du SUTELEC » mais bien une action collective.
Pour les syndicalistes, l’absence d’un préavis distinct émanant directement du SUTELEC ne permet pas de conclure à l’irrégularité de sa participation. Le document stipule que « l’appréciation de la régularité de cette participation doit notamment tenir compte du contenu du préavis déposé, de son champ d’application, des organisations concernées et des dispositions légales applicables ».
Enfin, le SUTELEC défend la souveraineté de ses décisions. Il rappelle que la décision de suivre le mot d’ordre de grève a été prise par son Conseil Syndical National, traduisant « une position officielle, délibérée et assumée ». Cette décision s’inscrit dans le cadre de l’exercice des libertés syndicales et du droit de grève, reconnu par la Constitution du Sénégal, « notamment en son article 25 ». Le syndicat conclut en rappelant fermement à la Direction générale qu’elle « ne saurait se substituer aux instances compétentes de l’UNSAS pour apprécier la qualité de membre de notre organisation, ni remettre en cause les décisions souveraines de nos instances syndicales ». À travers cette mise au point, le SUTELEC confirme sa participation au mouvement de grève de 72 heures, prévu du 21 au 23 octobre 2026.
Khadydja NDIAYE

