L’Alliance des États du Sahel renoue le dialogue avec la Cédéao
Le dialogue s’est rouvert entre des délégations de l’Alliance des États du Sahel et la Cédéao ce samedi 17 octobre à Dakar. Une réunion interministérielle s’est tenue pour fixer les termes d’un futur « accord-cadre« . Les deux parties se sont « félicitées » des bonnes discussions.
L’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Niger et le Burkina Faso, et la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), ont repris le dialogue ce samedi 17 octobre à Dakar, au Sénégal. Cela faisait presque deux ans que les relations entre les deux entités étaient difficiles, les pays de l’AES ayant quitté de concert la Cédéao, dont ils étaient membres, en janvier 2025.
Les régimes militaires de ces trois pays, arrivés au pouvoir par des coups d’État entre 2020 et 2023, reprochaient à la Cédéao d’être inféodée à la France et de ne pas assez les aider à faire face aux djihadistes présents dans la région du Sahel. Si des discussions avaient eu lieu depuis janvier 2025, c’est la première fois qu’une réunion ministérielle officielle se tenait entre la confédération de l’AES et la Cédéao.
Un « esprit de fraternité »
Ce samedi donc, les négociateurs ont convenu de travailler ensemble pour arriver à un « accord-cadre » de coopération. Dans un communiqué conjoint, les deux parties se « sont félicitées de l’esprit de fraternité, de respect mutuel et d’ouverture » des discussions et ont insisté sur l’importance de maintenir des relations de « bon voisinage » dans le « respect de la souveraineté » notamment.
Toutefois, il n’est pas encore question que l’AES réintègre la Cédéao. « Peut-être que cela viendra, mais aujourd’hui, on ne peut pas dire à l’AES : « Revenez au bercail« , a déclaré à nos confrères de RFI le négociateur en chef de la Cédéao, l’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté. La délégation de l’AES était menée par Karamoko Jean-Marie Traoré, le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso et celle de la Cédéao par Cheikh Niang, son homologue sénégalais.Lire la vidéo
Les gouvernements des pays de l’AES ont tous tourné le dos à la France, ancienne puissance coloniale, et par extension à plusieurs pays de la région comme la Côte d’Ivoire ou le Bénin, qu’ils estiment trop proches de Paris. Cette semaine, le patron du renseignement ivoirien Vassiriki Traoré s’est toutefois rendu à Bamako, la capitale du Mali, à l’invitation de son homologue le général Modibo Koné.
Autre preuve du réchauffement des relations, le chef de l’État sénégalais Bassirou Diomaye Faye, président en exercice de la Cédéao, avait lui été reçu fin juillet par le chef de la junte malienne Assimi Goïta, pour une rencontre bilatérale.

