La Côte d’Ivoire s’organise suite à l’interdiction d’exporter des mangues fraiches vers l’UE

Depuis le 1er août, la Côte d’Ivoire ne peut plus exporter ses mangues fraiches vers l’Union européenne. En cause : l’interception, en 2026, de plusieurs lots non-conformes par les autorités européennes, en raison d’une contamination par la mouche des fruits. Face à cette situation, les autorités ivoiriennes ont annoncé une série de mesures visant à assainir la filière. L’objectif est de permettre la reprise des exportations vers le marché européen, principal débouché international, dès la campagne 2027, prévue en mars-avril.

Par :RFI – Avec notre correspondante à Abidjan, Fanny Noaro-Kabré

Le ministère de l’Agriculture de Côte d’Ivoire prévoit une enveloppe de 3,5 milliards francs CFA – 5,33 millions d’euros – destinée au traitement phytosanitaire. La mouche des fruits n’est pas un phénomène nouveau dans le pays, explique l’OIA Inter-Mangues.

L’organisation interprofessionnelle de la filière, qui compte près de 5 000 producteurs, reconnaît des manquements. Son président, Pascal Nembelessi-Silué, explique : « On est surpris par la mesure, mais on n’est pas étonné. S’il y a eu des interceptions, c’est qu’il y a des trous dans la raquette. Ça veut dire qu’il faut qu’on améliore la qualité du traitement, et les contrôles, pour qu’il n’y ait pas d’interceptions. On peut faire mieux et on doit faire mieux cette année. »

« C’est le plus grand marché, c’est celui qui paie le mieux »

Autre mesure annoncée : la mise à l’écart de neuf stations de conditionnement et de quinze exportateurs. Si la liste n’a pas été communiquée, certains de ces professionnels craignent d’en faire partie. C’est le cas de ce chef d’entreprise – qui préfère garder l’anonymat – et dont des lots ont été interceptés. Plus de 95 % de ses exportations sont destinées au marché européen. « C’est vrai que ça aura un impact social parce que, par exemple, autour de moi, j’ai plus de 3 000 personnes en termes d’emplois directs et indirects, de familles qui vivent des revenus de la mangue. Et c’est un marché capital parce que c’est le plus grand marché, c’est celui qui paie le mieux », souligne-t-il.

En 2025, la Côte d’Ivoire a exporté 35 000 tonnes de mangues fraiches vers l’Union européenne, ce qui représente un cinquième de sa production totale.

SOURCE RFI

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