Élargissement de l’Union européenne: pourquoi Bruxelles ralentit et accélère à la fois
Pour leur deuxième jour de réunion à Luxembourg, les ministres européens des Affaires étrangères rencontrent ce 13 octobre leurs homologues d’Albanie, Moldavie et Ukraine après le Monténégro la veille. Un « super mardi » de l’élargissement, selon la présidence irlandaise du Conseil des ministres, avec quatre « conférences de préaccession » successives pour ces pays qui ont réussi à clore les négociations sur des chapitres spécifiques comme les finances, la justice ou la pêche par exemple.
Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Bénazet – SOURCE RFI
L‘Albanie, la Moldavie, le Monténégro et l’Ukraine sont parmi les plus avancés dans leur parcours européen, loin devant la Géorgie, la Serbie, la Bosnie ou encore la Turquie. Le Monténégro est de loin le pays candidat le plus avancé, mais même lui va être affecté par les nouvelles mesures de sauvegarde : elles seront pour l’Union européenne (UE) une assurance afin de garantir le respect des règles et d’éviter les perturbations internes.
Ce sera particulièrement vrai pour l’Ukraine, le plus grand de tous les pays candidats. « Tout d’abord, nous devons protéger les agriculteurs européens. Ensuite, nous devons aider l’agriculture ukrainienne à se développer, à exporter ses produits dans le monde entier, notamment les céréales et le blé, et bien sûr, qu’elle soit prête à adopter toutes les normes européennes », souligne Marta Kos, commissaire européenne à l’élargissement.
Des mesures jugées « cruciales »
Pour ne pas laisser entrer un « cheval de Troie », un nouvel État membre qui ne respecterait pas les règles de l’Union, les mesures de sauvegarde seront cruciales, selon Claudia Bauer, ministre autrichienne des Affaires européennes.
« Nous avons ce qu’on appelle des “principes fondamentaux” ; nous devons y travailler et nous exigeons leur respect, comme par exemple nos valeurs européennes, la démocratie, l’État de droit et la lutte contre la corruption », rappelle la ministre. « Nos règles européennes doivent être respectées. Et ce ne sont pas des formalités, ce sont des conditions préalables. »
Trente-cinq chapitres de négociations à boucler
Les pays candidats doivent encore accomplir un énorme travail pour reprendre « l’acquis communautaire ». Autrement dit, les très nombreuses règles et normes en vigueur dans l’UE, de l’environnement à l’agriculture en passant par le marché intérieur. Il y a au total pas moins de 35 chapitres de négociation à boucler impérativement avant une décision, unanime, des Vingt-Sept, et une ratification par chaque État membre, par le Parlement ou via un référendum.
Le défi pour l’Europe est désormais de ne pas refroidir le désir des pays candidats d’adhérer à l’Union.

