« Une honte nationale »: Cyril Ramaphosa présente des mesures de sécurité après la série de féminicides en Afrique du Sud
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s’est exprimé ce mardi 29 septembre suite à la découverte de 11 corps de femmes dans la région d’Ekurhuleni, à l’est de Johannesburg. Il a annoncé des mesures pour lutter contre les violences basées sur le genre.
L’horreur dans laquelle est plongée l’Afrique du Sud depuis la découverte de 11 corps de femmes à Ekurhuleni, à l’est de Johannesburg, depuis la mi-juillet, est prise très au sérieux par les autorités du pays. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s’est adressé à la nation ce mardi dans la soirée, dans une allocution télévisée.
« La violence infligée aux femmes d’Afrique du Sud est une source de peine profonde et de honte nationale« , a-t-il déclaré au début de son discours. Il a ensuite présenté des mesures pour renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes. En premier lieu, le président a annoncé la mise en place d’un plan de financement permettant de produire des analyses légistes rapidement et « à établir des délais d’exécution clairs pour les affaires prioritaires de violences liées au genre et de féminicides ».
« Identifier les zones à risques »
Il a également exhorté la police ministère public de passer en revue dans les 90 jours des cas non résolus impliquant des meurtres, des tentatives de meurtre et autres cas de violences basées sur le genre. L’agence de presse américaine Associated Press (AP) précise aussi que les autorités locales du pays sont priées « d’identifier les zones à risques, notamment des endroits avec des éclairages publics cassés, des bâtiments abandonnés et des parcs peu sécurisés« .
Ceci fait écho au constat que Cyril Ramaphosa a dressé dans son allocution. “Les femmes changent leurs trajets pour rentrer chez elles, évitent de sortir la nuit et s’avertissent entre elles des endroits et des hommes dangereux« , a-t-il déclaré. Il a également ordonné un « paquet de mesures répressives » pour réduire les violences liées à la consommation d’alcool.Lire la vidéo
Ces déclarations interviennent dans un contexte très tendu sur le sujet. Les corps des femmes retrouvés suscitent l’inquiétude et l’indignation dans le pays. Le dernier cadavre a été découvert le 27 septembre dans la brousse. La veille, le corps d’une femme à moitié nue avait été retrouvé près d’un cimetière dans la même municipalité. Bon nombre des victimes étaient dans la vingtaine et la trentaine, certaines ayant été retrouvées dévêtues et présentant des traces de violences sexuelles.
« À ce stade, la police n’a pas trouvé de preuve établissant que ces meurtres ont été commis par un seul auteur« , a assuré le président sud-africain, ce qui ne lève pas le voile sur les doutes persistant que les meurtres aient été commis par un tueur en série.
La lutte contre les violence basées sur le genre est un combat que mène le président sud-africain depuis plusieurs années. Il y a un an, il en avait fait une priorité nationale. Il est toutefois critiqué, selon nos confrères de RFI, par des assocations et des victimes, « qui dénoncent l’absence de changement concret sur le terrain« , expliquent-ils.
Le président a appelé directement les hommes du pays à prendre leurs responsabilités. « Intervenez auprès de l’ami qui humilie sa compagne. Intervenez auprès du collègue qui harcèle les femmes au travail. Intervenez auprès du membre de votre famille qui maltraite sa femme ou sa petite amie. Il est temps que les hommes bien cessent d’être silencieux« , rapporte RFI. Selon l’agence des Nations unies pour l’égalité des genres, le taux de féminicide du pays est l’un des plus élevés au monde.

