Kaolack: le retour des pluies redonne espoir aux producteurs
À l’image de plusieurs localités du pays, la zone Centre n’a pas été épargnée par les longues pauses pluviométriques. À Latmingué, dans le département de Kaolack, les fortes pluies enregistrées ces derniers jours ont redonné le sourire aux producteurs, après neuf jours d’attente.
Dans le Saloum, l’absence de précipitations commençait à se faire sentir dans les champs. Certaines spéculations, notamment le maïs, commençaient à subir les effets du déficit hydrique. À Latmingué, les producteurs ont ainsi dû patienter neuf jours avant de voir enfin le ciel ouvrir ses vannes.
Ces précieuses gouttes d’eau, tombées à un moment particulièrement opportun, ont permis de soulager les cultures et de raviver l’espoir chez les producteurs. « Cette pause a eu un impact sur les cultures. Nous avons constaté, surtout pour le maïs, le jaunissement des feuilles. Pour les parcelles d’arachide, c’est surtout en milieu de journée, sous l’effet de la chaleur, que les dégâts se faisaient sentir. C’était plus visible au niveau des parties où il y avait une forte concentration d’engrais », renseigne Andel Kitane, président de la coopérative agricole Lambor de Latmingué.
Face au manque d’eau, le maïs a été confronté à un stress hydrique, ralentissant sa croissance et suscitant l’inquiétude des producteurs. Mais la forte pluie enregistrée dans la nuit de lundi à mardi a changé la donne. « Les cultures ont bien repris. Que ce soit le maïs ou l’arachide, le changement est visible », indique M. Kitane.
À Latmingué, la coopérative agricole Lambor exploite 10 hectares de maïs, 5 hectares de mil, 10 hectares d’arachide et 1 hectare de riz de plateau. Selon son président, les producteurs de la zone Centre connaissent bien les pauses pluviométriques. Il estime que ces interruptions restent gérables lorsqu’elles interviennent durant une phase qui n’est pas cruciale du cycle cultural. En revanche, une longue pause à un stade déterminant pourrait avoir des conséquences beaucoup plus importantes. « Les cultures entrent dans une phase importante où la présence de l’eau est nécessaire. Le maïs a commencé à donner des graines, tout comme le mil et l’arachide. Pour leur développement, il faut constamment de l’humidité. Une longue pause serait synonyme de catastrophe », insiste-t-il.
Ailleurs dans le Saloum, notamment à Sanguil Mary, dans la même agglomération, des producteurs contactés évoquent une situation similaire. Toutefois, le retour des pluies a fini de dissiper les inquiétudes. « C’est encore tôt pour parler de rendement, mais à ce rythme, nous avons de quoi avoir espoir. Les cultures se portent bien et c’est un bon signe », renseigne Abdoulaye Diouf, exploitant dans la zone. De manière globale, les producteurs de la zone Centre jugent la situation maîtrisable. « Nous pouvons dire que la situation est gérable. Ce n’est pas la même chose que dans certaines zones du pays. Nous avons eu vent de la situation difficile à Koungheul et un peu, dans le Nioro. Mais nous rendons grâce et prions Dieu de nous donner encore de l’eau », affirme Andel Kitane.
Le président de la coopérative Lambor s’est, par ailleurs, félicité de la démarche du ministre de l’Agriculture, qui s’est rendu sur le terrain aux côtés des producteurs. « Juste après ces constats, il a déclenché une tournée, allant de Kédougou à Kaffrine, pour s’enquérir de la situation. Cela montre aussi qu’il est en contact avec les producteurs et nous saluons cette posture », a ajouté M. Kitane.
Mamadou THIAM (Correspondant)

