Cancer de la prostate: Près de 80 % des cas seraient diagnostiqués tardivement au Sénégal
Le cancer de la prostate demeure un important défi de santé publique au Sénégal. Selon le Pr Racine Kane, chirurgien urologue à l’hôpital Principal de Dakar, près de 80 % des patients sont diagnostiqués à un stade évolué, réduisant considérablement leurs chances de guérison.
Dans un entretien accordé au quotidien Le Soleil, le spécialiste rappelle que l’âge, les antécédents familiaux et l’appartenance à la population noire constituent les principaux facteurs de risque. Il recommande ainsi un dépistage précoce dès 45 ans chez les hommes présentant ces facteurs, notamment à travers le dosage du PSA et le toucher rectal.
« Le retard de diagnostic s’explique principalement par le manque d’information, les difficultés d’accès aux soins, les idées reçues et la pudeur entourant les examens de la prostate. Or, lorsque la maladie est détectée à un stade localisé, la chirurgie et la radiothérapie offrent des possibilités de guérison. En revanche, aux stades avancés ou métastatiques, les traitements visent essentiellement à ralentir la progression du cancer et à soulager les symptômes », souligne-t-il.
Le Pr Racine Kane note également le poids financier de la prise en charge. L’hormonothérapie, souvent nécessaire sur une longue durée, peut coûter entre 100 000 et 500 000 FCFA selon le traitement. À cela s’ajoutent les difficultés d’accès à la radiothérapie et la nécessité de renforcer les capacités techniques des spécialistes.
Face à cette situation, l’urologue plaide pour une intensification de la sensibilisation, la levée des tabous et un meilleur accès au dépistage et aux traitements. La détection précoce demeure, selon lui, le principal moyen d’améliorer les chances de guérison et la qualité de vie des patients.
SOURCE LESOLEIL

