Gestion économique, nouveau Cap : Les remontrances d’Aïssata Tall Sall sur le bilan du gouvernement
Devant le Premier ministre Ahmadou Al Amine Lô, l’ancienne ministre Aïssata Tall Sall a multiplié les critiques sur plusieurs volets de l’action gouvernementale, du dossier gazier aux finances publiques en passant par la politique de subventions. Relativement au gaz naturel, la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu a rappelé que le contrat conclu avec BP prévoit l’alimentation du marché local, un point sur lequel, selon elle, des équipes d’avocats nationaux ont travaillé directement avec la compagnie britannique. Elle a invité le gouvernement à revenir sur cet engagement contractuel.
Concernant les finances publiques, Aïssata Tall Sall a interpellé l’exécutif sur l’audit annoncé, dont la publication est attendue pour la fin de l’année 2026. « Nous sommes à trois mois de la fin de 2026 », a-t-elle relevé, mettant en doute la capacité du gouvernement à tenir ce délai.
Elle s’en est également prise au traitement de la dette du Sénégal, dénonçant ce qu’elle qualifie de jeu sémantique entre les notions d’ajustement, de reprofilage et de restructuration. Pour elle, ces termes masquent des difficultés à venir, notamment la question des garanties offertes au FMI en contrepartie d’un étalement de la dette. Sur les subventions, elle a contesté l’argument gouvernemental selon lequel elles profiteraient avant tout aux plus riches, affirmant au contraire qu’elles bénéficient en priorité aux populations les plus défavorisées. Toucher à ces subventions reviendrait, selon elle, à prendre le risque d’une explosion sociale, dans un contexte où la pression fiscale et le coût de la vie sont appelés à augmenter.
Réagissant aux propos du ministre des Finances, qui avait décrit le Sénégal comme un « grand corps malade », Aïssata Tall Sall a estimé qu’un diagnostic ne suffit pas sans traitement de fond, comparant la situation à un mal de tête soigné par un simple comprimé sans qu’on en cherche la cause.
SOURCE DAKARACTU

