En Afrique, des fournitures et frais de scolarité jugés trop chers dans plusieurs pays
C’est la rentrée des classes dans de nombreux pays d’Afrique où la grogne des parents d’élèves monte, que ce soit au Cameroun, au Maroc ou à Madagascar, avec des prix de fournitures scolaires jugés trop élevés, tout comme certains frais de scolarité.
Par :RFI
Selon l’Institut national de la statistique camerounais, les dépenses annuelles moyennes pour l’éducation sont d’environ 75 000 francs CFA (FCFA) par enfant, soit 114 euros. Des chiffres loin d’être réalistes, selon Simon Kaldjob, président d’un collectif regroupant une cinquantaine d’associations de consommateurs au Cameroun. Selon lui, les frais de scolarité sont trop élevés. « Les collèges privés sont extrêmement chers, allant de 125 000 à 300 000 francs CFA [190 à 457 euros, NDLR] pour un élève. Les lycées publics sont théoriquement gratuits. Mais pour y accéder, il va falloir acheter une place via la corruption, c’est-à-dire donner entre 50 000 et 100 000 francs [76 et 152 euros, NDLR], affirme-t-il au micro d’Alexis Bedu. Donc, pour un parent aujourd’hui au Cameroun, suivre l’éducation de son enfant est extrêmement difficile. »
En 2024, l’Afrique a importé environ 360 000 tonnes d’articles de papeterie, pour une valeur estimée à 779 millions de dollars.
Les cahiers d’exercices représentaient près de 48% des volumes importés. Le Nigeria était le principal importateur du continent.
Le Cameroun figure également parmi les principaux marchés importateurs, avec près de 13 000 tonnes. « Les fournitures scolaires sont importées et, du coup, ça devient un peu plus cher, hors de portée des parents », poursuit Simon Kaldjob. Une inflation des prix due aussi à la hausse des coûts de transport et des prix des matières premières.
Le coût des livres de programmes
Les livres de programmes scolaires, c’est ce qui pose problème en Guinée, selon Mbany Sidibé, président de l’union des consommateurs du pays. Ils devraient être gratuits, mais c’est loin d’être le cas partout, assure-t-il : « C’est écrit dessus que c’est interdit de les vendre. Il y a tout de même des esprits malins qui en font des importations. Aujourd’hui, le niveau d’éducation, surtout au sein de la classe moyenne, est en train de baisser. Parce que, quand vous allez dans la plupart des districts de sous-préfectures, beaucoup d’enfants n’ont pas accès à ces livres. »
À Madagascar et au Maroc, comme l’année dernière, la pénurie de manuels scolaires agite également la rentrée scolaire. L’Alliance des libraires au Maroc a alerté le gouvernement sur la prolifération de ventes informelles de livres et de fournitures à l’approche de la rentrée, tout en dénonçant des marges insuffisantes sur la vente des manuels.

