Îles Malouines: Donald Trump accentue les tensions et n’exclût pas de « revoir » la position des États-Unis
Donald Trump n’exclut pas de revoir la position américaine de neutralité sur la souveraineté des îles Malouines, archipel de l’Atlantique Sud sous administration britannique mais revendiqué par l’Argentine. Londres a vivement réagi.
Par Nadia Bouchenni avec AFP – Interrogé lundi 31 septembre dans le Bureau ovale, Donald Trump a assuré ne pas exclure de « revoir » la position de neutralité de Washington sur les Malouines. « Je passe toujours toutes les positions en revue. C’en est une parmi d’autres« , a déclaré le président américain.
Jusqu’ici, les États-Unis, comme la plupart des pays occidentaux, reconnaissent que le Royaume-Uni administre de facto cet archipel situé à 600 kilomètres de la côte patagonienne argentine, sans se prononcer sur la souveraineté stricto sensu. Le journal britannique The Telegraph avait rapporté que Washington menaçait de reconsidérer sa position et de s’opposer clairement à une reconnaissance de la souveraineté britannique si Londres n’augmentait pas ses dépenses militaires. Donald Trump juge insuffisant l’effort budgétaire britannique en matière de défense.
L’archipel a été le théâtre d’une guerre entre l’Argentine et le Royaume-Uni en 1982, qui a fait 649 morts argentins et 255 morts britanniques en 74 jours. Depuis sa défaite dans ce conflit, le pays sud-américain continue de revendiquer la souveraineté sur les îles. Le président argentin Javier Milei est un proche allié du dirigeant américain et cette relation pourrait influencer la position de Donald Trump.
« Les habitants des Malouines sont britanniques »
Selon le Huffington Post UK, Downing Street a répliqué aux propos du président américain, réaffirmant l’engagement du Royaume-Uni envers les habitants de l’archipel. Ces derniers s’étaient prononcés à 99,8% en faveur du maintien sous souveraineté britannique lors d’un référendum organisé en 2013, rapporte le média britannique.Lire la vidéo
Le porte-parole officiel du Premier ministre britannique, Andy Burnham, a réagi aux propos du président américain. « Cet été, nous avons exposé notre position très clairement, et cela n’a pas changé. Les habitants des Malouines sont britanniques, avec le droit de déterminer leur propre avenir. Ils ont exprimé leur souhait de rester un territoire britannique d’outre-mer, et notre engagement envers eux est sans faille », a-t-il déclaré.
Cet accrochage intervient alors que le chef du gouvernement britannique et le président américain doivent se rencontrer à l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, plus tard ce mois-ci, selon le Huffington Post UK. Les deux dirigeants ne se sont parlé qu’une seule fois au téléphone. Donald Trump avait alors qualifié son homologue de « terrific » (« formidable »).
Des tensions ravivées pendant la Coupe du monde
Le Premier ministre britannique s’est toutefois refusé à dire qu’il fait confiance au président américain, selon le Huffington Post UK. « Je ne peux à aucun moment affirmer que je n’exprimerai pas un avis différent du sien, qu’il ne sera pas nécessaire pour moi de défendre une position différente qui soit dans l’intérêt de la Grande-Bretagne, et c’est ce que je ferai », a-t-il affirmé.
La rivalité autour de l’archipel dépasse le seul terrain diplomatique. Lors d’une récente Coupe du monde, les joueurs argentins avaient déployé une banderole proclamant « Las Malvinas Son Argentinas », (« Les Malouines sont argentines« ) après leur victoire 2-1 contre l’Angleterre en demi-finale

