Vaccin contre le cancer: les cours de Moderna et Merck en hausse après l’annonce d’essais cliniques positifs
Les laboratoires Merck et Moderna ont annoncé des résultats positifs lors de la dernière phase d’essais cliniques de leur vaccin expérimental à ARN messager contre le cancer de la peau. Des résultats salués par Wall Street. Le cours de l’action Moderna a été multiplié par 2,5. Le titre Merck a progressé lui de 12%.
TV5MONDE avec agences – C’est une « avancé majeure » selon les experts dans la lutte contre le cancer de la peau. Les deux laboratoires américains Merck et Moderna ont annoncé des résultats positifs lors de la dernière phase d’essais cliniques de leur vaccin expérimental à ARN messager. Cette annonce a été applaudie à Wall Street.
Le cours de l’action Moderna a été multiplié par plus de 2,5. La capitalisation boursière du laboratoire Moderna atteint désormais plus de 53 milliards de dollars, soit un gain de près de 40 milliards de dollars en une seule séance boursière. L’action Merck a bondi de plus de 12%. L’entreprise vaut désormais plus de 370 milliards de dollars, soit un gain de plus de 43 milliards de dollars en une seule journée de cotation.
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Ce nouveau traitement mis en avant par les deux laboratoires, nommé « intismeran autogene », repose sur la technologie de l’acide ribonucléique messager (ARNm), déjà utilisée pour les vaccins contre le Covid-19. Il s’agit d’une grande première, les chercheurs tentant depuis des années de mettre au point des traitements à base d’ARNm contre le cancer.
Un vaccin associé à de l’immunothérapie
« Il s’agit de la première annonce de résultats positifs de phase 3 (…) pour une thérapie anticancéreuse à base d’ARNm », ont souligné Merck et Moderna dans un communiqué conjoint. Leur thérapie personnalisée, combinée à l’immunothérapie Keytruda de Merck, a permis d’améliorer de manière « statistiquement significative » la survie sans récidive chez des patients atteints d’un mélanome de stade avancé et préalablement opérés, par rapport à un traitement par Keytruda seul, ont affirmé les deux laboratoires.
Il s’agit d’un traitement « sur mesure », conçu à partir des mutations spécifiques de la tumeur de chaque patient, qui consiste à dicter aux cellules du corps comment fabriquer des protéines capables de déclencher une réponse immunitaire. L’objectif est d’entraîner et d’activer le système immunitaire du patient afin qu’il reconnaisse et attaque les cellules cancéreuses.
Résultats « très encourageants »
Au-delà de la bonne nouvelle pour les patients atteints d’un mélanome, l’oncologue Marco Gerlinger, professeur au Barts Cancer Institute de Londres, a souligné que ces résultats étaient une « preuve de concept que les vaccins anticancéreux personnalisés fonctionnent ».
« Je pense qu’il est correct de parler d’avancée majeure dans le développement de nouvelles immunothérapies contre le cancer », a-t-il ajouté, relevant toutefois que le communiqué de presse manquait de détails. Même son de cloche chez Lennard Lee, oncologue et professeur assistant à l’Université d’Oxford, qui, bien que saluant des résultats « très encourageants », attend désormais de « voir les données complètes » de ces essais cliniques.
Ceux-ci ont été menés sur 1137 personnes atteints du cancer de la peau. Merck et Moderna prévoient désormais de présenter ces données lors d’un prochain congrès médical et d’entamer des démarches auprès des autorités pour demander l’approbation de ce traitement.
Des tests sur 1137 personnes
Moderna s’était fait connaître du grand public en devenant l’un des pionniers mondiaux des vaccins à ARN messager. Elle avait notamment été l’une des premières sociétés, avec Pfizer-BioNTech, à développer et commercialiser à grande échelle un vaccin avec cette technologie contre le Covid-19.
« Pendant de nombreuses années, l’idée de créer un traitement par ARNm conçu spécifiquement pour le cancer d’un individu était difficile à imaginer. Nous contribuons aujourd’hui à transformer cette vision en réalité », a déclaré Stéphane Bancel, le dirigeant de Moderna, cité dans le communiqué.
Le mélanome est l’une des formes les plus mortelles de cancer de la peau, avec plus de 330.000 nouveaux cas diagnostiqués dans le monde en 2022. Un chiffre en croissance, rappellent les laboratoires.

