1,5 Go au Mali contre 25 Go au Sénégal : le scandale des tarifs télécom maliens

3 000 francs CFA. C’est le prix d’un kilo de viande, d’un repas chaud ou d’une recharge téléphonique. Mais selon que vous êtes à Bamako ou à Dakar, cette même somme ne vous achète pas la même chose. Au Mali, 3 000 FCFA donnent accès à 1,5 gigaoctet de données internet. Au Sénégal voisin, la même somme permet d’obtenir environ 25 gigaoctets. Un écart vertigineux qui résume à lui seul la colère qui monte depuis des mois contre les opérateurs télécoms maliens.

Un crédit qui disparaît avant d’être utilisé

Le problème ne se limite pas au prix de l’internet. Il y a une autre pratique qui exaspère les Maliens : l’expiration automatique des crédits et bonus d’appel non utilisés. Vous rechargez votre téléphone, vous oubliez de consommer votre crédit dans le délai imparti, et il disparaît.

Envolé. Sans remboursement, sans report possible.C’est précisément ce que l’Association des Consommateurs du Mali (ASCOMA) a dénoncé auprès de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC). Jugeant cette pratique pénalisante et injuste, l’association a saisi les autorités. En avril 2026, la DGCC a ouvert une enquête officielle sur cette question. Une première qui a redonné espoir à des millions d’abonnés maliens.

Plus cher, mais aussi moins rapide

Ce qui aggrave encore la situation, c’est que les Maliens paient plus cher pour une qualité de service souvent inférieure à celle des pays voisins. En janvier 2026, la vitesse moyenne de téléchargement pour l’internet fixe au Mali était classée parmi les plus faibles d’Afrique de l’Ouest. Des coupures fréquentes, des réseaux saturés, des zones entières non couvertes : le fossé numérique reste immense entre Bamako et les grandes villes ivoiriennes ou sénégalaises.

La révolte des consommateurs

Face à cette réalité, les Maliens ne restent pas les bras croisés. En mars 2026, une pétition lancée sur Change.org a recueilli des milliers de signatures pour dénoncer la cherté des tarifs et réclamer une baisse immédiate. Plus tôt, en 2023, le Collectif Boycott Orange-Mali Moov Africa Malitel avait déjà mobilisé journalistes, activistes et leaders d’opinion dans une campagne de dénonciation remarquée.Ces mobilisations montrent une chose claire : les consommateurs maliens sont informés, organisés et déterminés à faire entendre leur voix. Ils savent ce que leurs voisins paient et ce qu’ils reçoivent en retour. Et la comparaison est insupportable.

Pourquoi cette différence ?

Plusieurs facteurs expliquent cette cherté. Le Mali est un pays enclavé, sans accès direct à la mer, ce qui renchérit le coût des infrastructures numériques. La concurrence entre opérateurs y est moins intense qu’au Sénégal ou en Côte d’Ivoire. Les taxes sur les services télécoms restent élevées. Et les investissements dans les réseaux peinent à suivre la croissance de la demande.Mais ces explications techniques ne suffisent plus à calmer la grogne. Dans un pays où le numérique est devenu un levier essentiel d’éducation, d’information et d’inclusion économique, l’accès à internet n’est plus un luxe. C’est un droit. Et les Maliens réclament d’en bénéficier à un prix juste.1,5 Go contre 25 Go. Le compte n’y est pas. Et les Maliens le font savoir.

SOURCE DAKARACTU

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