Le projet d’autonomie de la Corse divise les indépendantistes

En Corse, le projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de l’île continue de faire débat. Il y a quelques jours, c’est le groupe clandestin FLNC-Union des combattants qui remettait une pièce dans la machine, menaçant les non-Corses lors d’une conférence de presse illégale. Ce week-end, les journées internationales de Corte ont réuni des groupes politiques corses autonomistes et indépendantistes bien établis mais aux visions divergentes. À leurs côtés cette année, des délégations indépendantistes venues des territoires ultramarins français.

Avec Emma Garboud-Lorenzoni envoyée spéciale RFI à Corte.

Aux côtés des Corses cette année, des délégations indépendantistes venues de territoires ultramarins français (Kanaky, Polynésie, Guyane) et de l’étranger. Autant de mouvements qui partagent avec les Corses des revendications d’autodétermination. « Statu francese assassinu » (« État français assassin »)n s’exprime Dimitri Qenegei, représentant de la délégation kanak, en langue corse.

Comme lui, le leader du mouvement organisateur de l’événement, Jean-Guy Talamoni, en profite pour dénoncer le projet de loi constitutionnel sur l’autonomie de la Corse, ici appelé « le projet Beauvau » : « Nous, nous critiquons de manière sévère les démarches politiques qui nous paraissent contraires aux intérêts de la Corse, et notamment ce dîner de Beauvau qui s’est traduit par l’accord de Beauvau. On ne voit pas comment, en étant nationalistes, on peut signer un tel accord qui exclut toute avancée dans le sens de ce que demandent les nationalistes depuis toujours ».

Dans le public, pendant que les uns chantent l’indépendance, d’autres se réjouissent que le parti autonomiste de Gilles Simeoni ait fait voter l’accord Beauvau au Parlement. « L’autonomie, c’est déjà bien. C’est déjà un grand pas. Cela n’a jamais été fait, on aime beaucoup Simeoni et Talamoni aussi, mais il faudrait qu’ils s’entendent un peu les deux, ça serait bien », regrette Angelina Rustigliano Paverani, qui exprime ainsi le sentiment de beaucoup de Corses qui continuent d’assister à la division de ses deux plus grands leaders nationalistes alors que le projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de l’île va bientôt être discuté au Sénat. 

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