Procès Sophie Gladima: la transmission tardive du dossier pourrait provoquer un renvoi dès l’ouverture

Le procès de l’ancienne ministre Aïssatou Sophie Gladima doit s’ouvrir ce mercredi 22 juillet 2026 devant la Haute Cour de justice. Mais, selon L’Observateur, un incident de procédure lié à la communication tardive du dossier aux avocats de la défense pourrait entraîner un report de l’audience avant même l’examen du fond de l’affaire.

Le procès très attendu d’Aïssatou Sophie Gladima pourrait connaître un premier contretemps. Alors que l’ancienne ministre du Pétrole doit comparaître devant la Haute Cour de justice, la défense envisagerait de solliciter le renvoi de l’affaire en raison du délai jugé insuffisant pour prendre connaissance de l’ensemble de la procédure.

D’après les informations rapportées par L’Observateur, les services de la Haute Cour de justice n’auraient transmis le dossier de la procédure aux conseils de l’ancienne ministre que le lundi précédant l’audience. L’un des avocats appelés à assurer sa défense n’aurait donc pas disposé du temps nécessaire pour étudier les pièces, examiner les accusations et préparer convenablement les observations à présenter devant la juridiction.

Cette situation pourrait conduire les avocats à soulever, dès l’ouverture du procès, une question liée au respect des droits de la défense et du principe du contradictoire.

Pour les conseils de Sophie Gladima, l’accès tardif au dossier est susceptible de compromettre la préparation d’une défense effective. Une affaire portée devant la Haute Cour de justice, avec plusieurs qualifications pénales et des pièces administratives et financières, nécessite une analyse approfondie.

Les avocats pourraient ainsi demander un renvoi afin d’obtenir un délai supplémentaire pour étudier la procédure. La décision reviendra au président de la Haute Cour de justice, qui devra déterminer s’il convient d’accorder ce temps à la défense ou de maintenir l’ouverture des débats.

Selon L’Observateur, cet incident devrait se cristalliser dès les premières minutes de l’audience. Avant toute discussion sur les faits reprochés à l’ancienne ministre, la juridiction pourrait donc être appelée à trancher cette question préalable.


L’ouverture du procès avait été officiellement programmée à la suite d’une ordonnance signée le 7 juillet 2026 par le premier président de la Cour suprême, Mahamadou Mansour Mbaye.

Cette décision faisait suite à une requête formelle déposée le 11 mars par le procureur général près la Haute Cour de justice. Le parquet avait demandé la fixation d’une date d’audience, estimant que l’instruction était achevée et que l’affaire pouvait désormais être examinée au fond.

L’ancienne ministre doit répondre notamment d’accusations d’association de malfaiteurs, de détournement de deniers publics, d’escroquerie portant sur des deniers publics, de blanchiment de capitaux et de complicité. Elle conteste les faits qui lui sont reprochés.


L’affaire porte principalement sur un montant de 73,2 millions de FCFA destiné à la construction d’une unité de traitement gravimétrique à Kédougou.

Les accusations s’appuieraient notamment sur un rapport de la Cour des comptes ainsi que sur les déclarations de l’ancien directeur de l’administration générale et de l’équipement, Alassane Diallo.

Dans l’acte de mise en accusation, l’Assemblée nationale aurait considéré que Sophie Gladima avait procédé au versement de cette somme pour des travaux qui, au moment du paiement, n’avaient pas encore commencé. Un rapport établi par les services du ministère aurait également été versé au dossier.

Les poursuites font par ailleurs référence aux règles encadrant l’exécution des dépenses publiques et la responsabilité des ordonnateurs.


Placée sous mandat de dépôt le 21 mai 2025, l’ancienne ministre avait retrouvé la liberté en juillet de la même année après son audition devant la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice.

Elle reste cependant placée sous surveillance électronique durant la procédure. Tout au long de l’enquête, Sophie Gladima a rejeté les accusations portées contre elle.

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