Dakar-Tamba: SATRAIL questionne le taux d’avancement de 90% annoncé par le Gouvernement

Le projet de réhabilitation de la ligne ferroviaire Dakar-Tambacounda, l’un des chantiers structurants du gouvernement, suscite un vif désaccord entre la tutelle et les syndicats de cheminots. Alors que le ministre des Transports terrestres et aériens, Abdou Lahat NDIAYE, a récemment déclaré que les travaux sont « achevés à 90 % », le Syndicat autonome des travailleurs du rail (SATRAIL) est monté au créneau pour exiger plus de rigueur avant toute mise en service.

Pour le ministre, la réhabilitation de cet axe stratégique de 464 kilomètres est « au cœur de la nouvelle politique de mobilité du gouvernement », avec un objectif affiché de désengorger les routes en réduisant les flux de camions vers l’Est du pays. Mais du côté des cheminots, le son de cloche est tout autre. Le SATRAIL estime que le taux d’avancement avancé par les autorités ne doit pas occulter les zones d’ombre persistantes, notamment en ce qui concerne la sécurité des infrastructures, l’état des ateliers et les conditions de travail des agents.

« Sur quels relevés techniques repose le chiffre de 90% ? Quel audit d’infrastructures permet d’avancer une telle donnée ? Et surtout, ave quel matériel roulant envisage-t-on de faire circuler ce fret, alors que le parc de locomotives opérationnelles reste notoirement insuffisant, tout comme le nombre de wagons en état de service ? », demande le secrétaire général du syndicat Mbene SENE Nguebane.

Une mise en garde qui traduit une défiance profonde, alors que le gouvernement entend finaliser la phase préparatoire du projet en 2026. Pour le syndicat, « la réalité du terrain est tout autre : la ligne Dakar-Tamba est aujourd’hui encore loin de réunir les conditions minimales de sécurité et de performances nécessaires à un trafic régulier de marchandises ».

« Les besoins en investissements restent considérables, qu’il s’agisse de la réhabilitation de la voie , de l’acquisition de locomotives et de wagons, ou de la mise en place des équipements de sécurité indispensables à une exploitation fiable en attendant la future voie standard », ajoute-t-il.
Les travailleurs du rail, qui dénoncent, par ailleurs, la vente de pièces de rechange et le démantèlement du patrimoine ferroviaire, appellent à une évaluation exhaustive avant toute inauguration.

Khadydja NDIAYE
WALFADJRI

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