FINANCEMENT INFRASTRUCTURES D’ASSAINISSEMENT – La Rdc s’inspire du modèle sénégalais
L’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) a accueilli, lundi 13 juillet, une mission de benchmarking de la Cellule d’exécution des projets (Cep-o) de la République démocratique du Congo (Rdc). Le directeur général de l’Onas, Séni Diène, a plaidé pour un renforcement de la coopération africaine autour des enjeux de financement des infrastructures, de recouvrement des coûts et des partenariats public-privé.
Le Sénégal partage son expérience pour accélérer le développement de l’assainissement en Afrique. En accueillant, hier, lundi 13 juillet, une délégation de la Cellule d’exécution des projets (Cep-o) de la République démocratique du Congo (Rdc), l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) entend faire de cette mission de benchmarking un véritable cadre d’échanges sur les mécanismes de financement des infrastructures et la pérennisation des services d’assainissement. Le directeur général de l’Onas, Séni Diène, a salué le choix porté sur le Sénégal pour cette mission consacrée au financement des infrastructures, au recouvrement des coûts, aux subventions et aux partenariats public-privé.
Selon lui, les défis auxquels font face les pays africains sont similaires et appellent des réponses construites à partir des expériences du continent. « Les missions de benchmarking permettent aux pays de gagner du temps, de capitaliser les bonnes pratiques et d’éviter de réinventer la roue », a-t-il souligné devant les membres de la délégation congolaise. Pour lui, cette mission dépasse le simple cadre d’une visite technique. « Ce n’est que le début prometteur d’un partenariat gagnant-gagnant », a-t-il déclaré, réaffirmant la disponibilité de l’Onas à accompagner la Rdc dans le développement de son secteur de l’assainissement. M. Diène a rappelé que l’Onas avait joué un rôle de mentor dans le cadre du projet Rasop-africa, initié par l’Association africaine de l’eau avec l’appui de la Fondation Bill & Melinda Gates. Ce programme, souligne-t-il, avait permis d’accompagner plusieurs villes africaines dans l’amélioration de leurs systèmes d’assainissement autonome et de gestion des boues de vidange. À l’en croire, cette expérience démontre que la coopération Sud-Sud constitue, aujourd’hui, un levier essentiel pour accélérer l’atteinte des Objectifs de développement durable (Odd).
Le directeur de l’Onas pense que la réussite d’une politique d’assainissement dépend de la qualité des infrastructures ainsi que de leur capacité à être exploitées et entretenues durablement. Il a présenté plusieurs projets majeurs qui illustrent cette stratégie, notamment le renouvellement du collecteur Hann-Fann, développé selon un modèle de partenariat public-privé, ainsi que le Projet de dépollution du nord de Dakar et celui de la baie de Hann. Ce dernier projet est présenté comme la plus importante initiative de dépollution industrielle en Afrique de l’Ouest, car combinant des financements sous forme de prêts et de subventions tout en intégrant des innovations technologiques dans le traitement des effluents industriels, la valorisation des boues et la production de biogaz.
« À terme, ces installations devraient couvrir jusqu’à 60 % de leurs besoins énergétiques, grâce à la cogénération, et améliorer durablement le cadre de vie de plus d’un demi-million d’habitants des neuf communes concernées », a fait savoir Séni Diène. Au-delà des infrastructures, il a insisté sur la nécessité de convaincre les pouvoirs publics que l’assainissement constitue un investissement à forte rentabilité économique et sociale. Selon le directeur général de l’Onas, chaque investissement dans ce secteur permet de réduire les dépenses de santé, de préserver la productivité des populations et de renforcer la résilience des territoires face aux crises sanitaires.
Maguette Guèye DIÉDHIOU
SOURCE LESOLEIL

