Kaolack – Travaux en plein hivernage : Le calvaire des chantiers routiers à l’épreuve de l’hivernage
A Kaolack, les chantiers routiers en cours exaspèrent les populations, en particulier les automobilistes et les usagers des transports. Entre détours épuisants, nids-de-poule et nuages de poussière étouffants, le quotidien est devenu un parcours du combattant. A l’approche de la saison des pluies, l’angoisse grandit : si les travaux ne sont pas achevés avant la mi-août, beaucoup redoutent des inondations catastrophiques.
Par Modou NDIAYE – Les chantiers routiers qui traversent Kaolack virent au casse-tête pour les habitants. «Les travaux traînent en longueur alors que l’hivernage (la saison des pluies) est déjà là. S’il y a de fortes précipitations, la situation va devenir dramatique», s’inquiète J.M., un chauffeur de taxi de la ville.
Pour contourner les zones en chantier, les automobilistes n’ont d’autre choix que d’emprunter des voies de délestage impraticables. S.N., un autre conducteur, partage ce quotidien éprouvant : «Nous sommes obligés de faire de longs détours. Cela nous fait perdre un temps fou et c’est physiquement épuisant à cause des nids-de-poule qui truffent la chaussée.» Selon lui, ces chantiers auraient dû être lancés bien plus tôt, plutôt que d’attendre l’imminence des pluies.
A bord d’un taxi, le ton monte également chez les passagers. P.I.D., un usager, réclame une accélération de la cadence pour libérer les voies avant la mi-août : «Les inondations sont récurrentes à Kaolack depuis deux ans. Cette année, la situation risque d’être encore plus grave. Les travaux risquent de bloquer les voies naturelles d’évacuation des eaux pluviales qui traversaient normalement la route.»
La poussière, cet autre ennemi invisible
Au-delà des secousses et des détours, les riverains font face à un autre fléau quotidien : la poussière. A chaque passage de véhicule, d’épais nuages de terre s’élèvent et s’infiltrent partout -dans les maisons, les boutiques et l’habitacle des transports en commun.
Que les fenêtres soient closes ou non, une fine pellicule grise recouvre inlassablement les meubles, les vêtements et les denrées alimentaires. Pour les enfants asthmatiques et les personnes âgées, l’air est devenu difficilement respirable. Du côté des commerçants, le constat est amer : les marchandises s’abîment et la clientèle déserte la zone pour éviter la pollution. Quant aux voyageurs coincés dans les taxis ou les cars «Ndiaga Ndiaye», ils subissent cette poussière tenace qui colle à la peau et aux vêtements tout au long du trajet.

