Sonko sur le référendum : «C’est du bluff pour gagner du temps»
Alors que le ministre de la Justice a annoncé la tenue prochaine d’un référendum constitutionnel, le président de l’Assemblée nationale et leader de Pastef n’a pas mâché ses mots ce samedi. Pour Ousmane Sonko, cette annonce n’est qu’une manœuvre politique, un «bluff» destiné à faire tourner l’horloge. Confiant, il a profité de l’occasion pour réaffirmer la suprématie électorale de son parti pour les joutes à venir.
La révision constitutionnelle adoptée la semaine dernière par l’Assemblée nationale ne se fera pas sans remous au sommet de l’Etat. Si le Garde des sceaux a officiellement partagé la volonté du Président Bassirou Diomaye Faye de soumettre le texte final au Peuple sénégalais, la deuxième personnalité de l’Etat affiche un doute radical. En marge d’une cérémonie de vente de cartes de son parti ce samedi, Ousmane Sonko a frontalement contesté la sincérité de cette démarche : «le référendum, si bien sûr il aura lieu… Parce que nous tous savons que ay tapalé la rek (c’est du bluff) pour gagner du temps. Mais nous savons tous qu’ils n’ont pas l’intention d’organiser un référendum», a-t-il lâché avec la verve qu’on lui connaît.
Une pique lancée à l’opposition
Pour le leader des «Patriotes», la Constitution actuelle bénéficie déjà d’une large adhésion populaire. Face aux critiques, il n’a pas hésité à mettre au défi ses détracteurs politiques, renvoyant la balle dans le camp présidentiel. «Que ceux qui s’opposent, et qui ne s’opposent qu’à Pastef et à Ousmane Sonko, aillent demander au Président la date à laquelle ce référendum sera organisé, car les Sénégalais ont besoin de savoir. Et les Sénégalais sont d’accord avec cette Constitution», a-t-il martelé.
Au-delà des doutes émis sur le calendrier référendaire, cette sortie a surtout servi de tribune à Ousmane Sonko pour galvaniser ses troupes et afficher une confiance inébranlable quant à l’avenir politique du pays. A l’en croire, aucune échéance électorale n’échappera au contrôle de sa formation politique dans les années à venir. «Qu’il s’agisse du référendum, des élections locales, des Législatives si elles sont organisées, ou de la Présidentielle de 2029, aucune élection ne peut être organisée au Sénégal sans qu’elle ne soit sanctionnée par une victoire de Pastef et de ses alliés», a asséné le président de l’Assemblée nationale.
Une déclaration musclée qui sonne comme un avertissement clair et qui promet de redéfinir les rapports de force à l’approche des prochains rendez-vous avec les urnes.
SOURCE LEQUOTIDIEN

