Entretien des infrastructures routières: l’État serre la vis aux camions en surcharge

La surcharge des poids lourds est devenue l’un des principaux facteurs de dégradation du réseau routier sénégalais. Alors que plus de 40 % des camions contrôlés dépassent les limites autorisées, l’État et les professionnels du transport ont engagé, mercredi 1ᵉʳ juillet, à Dakar, une réflexion pour renforcer les contrôles et appliquer le règlement communautaire de l’Uemoa.

Plus de 4 camions sur 10 circulent en surcharge sur les routes sénégalaises. Cette situation accélère la dégradation des infrastructures, renchérit les coûts d’entretien et pèse sur les finances publiques. Réunies à Dakar, mercredi 1ᵉʳ juillet, les autorités et les professionnels du transport veulent renforcer l’application du règlement communautaire de l’Uemoa en durcissant progressivement les contrôles et les sanctions.

Près d’un poids lourd sur deux dépasse les limites de charge autorisées au Sénégal. Selon les données présentées lors de l’atelier national sur le contrôle du gabarit et du pesage des véhicules lourds, 41 % des 148 885 camions contrôlés en avril 2026 étaient en infraction. Un niveau jugé préoccupant au regard des investissements consentis pour développer le réseau routier.

À l’ouverture de la rencontre, le préfet de Dakar, Chérif Mouhamadou Blondin Ndiaye, a rappelé que la surcharge constitue l’un des principaux facteurs de dégradation des routes et un risque pour la sécurité routière. « Le non-respect de ce règlement constitue une véritable problématique dans la préservation de nos routes », a-t-il déclaré, invitant les acteurs à proposer des solutions pour une application plus rigoureuse de la réglementation.

Adopté par l’Uemoa en 2005, le règlement nᵒ 14 fixe le poids total autorisé en charge à 51 tonnes et limite la charge à 11,5 tonnes par essieu. Malgré l’installation de 24 postes de pesage fixes, le recours à des brigades mobiles et la concession du service à Afrique Pesage Sénégal, les résultats demeurent insuffisants.

Le secrétaire général du ministère des Infrastructures, Abdoulaye Guèye, a souligné l’ampleur du phénomène. « La route ne vieillit pas seule. C’est la charge qu’on lui impose, plus que le temps qui passe, qui décide de sa durée de vie », a-t-il affirmé. Selon lui, les 41 % d’infractions sont enregistrés malgré une tolérance de 20 %.

« Sans cette tolérance, ce sont 84,66 % des camions qui ne respecteraient pas les normes réglementaires », a-t-il précisé, estimant cette situation « insoutenable pour nos finances publiques ». Face à ce constat, les autorités envisagent de réduire progressivement la marge de tolérance, aujourd’hui fixée à 20 %, afin de l’aligner sur les normes communautaires, de renforcer les sanctions et de responsabiliser davantage les plateformes de chargement. Les amendes actuellement appliquées restent, en effet, inférieures à celles prévues par le règlement de l’Union économique.

La représentante résidente de la Commission de l’Uemoa à Dakar, Aïssatou Lame, a salué les efforts du Sénégal tout en appelant à poursuivre la modernisation des équipements de pesage et à lutter contre les contournements des postes de contrôle. « Chaque surcharge évitée contribue à préserver les routes et à renforcer la compétitivité de notre économie régionale », a-t-elle souligné.

Les recommandations de l’atelier devraient porter sur la réduction de la tolérance au pesage, l’harmonisation des sanctions avec les textes communautaires et la généralisation du délestage obligatoire des camions en surcharge. L’objectif est de préserver durablement les infrastructures routières et de limiter le coût économique de leur dégradation.

Pathé NIANG

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