Budget 2027 : Bassirou Sarr promet des arbitrages, plus de soutien social et une baisse du coût de l’électricité grâce au gaz
Le ministre délégué chargé du Budget, Bassirou Sarr, a défendu, lundi à l’Assemblée nationale, les grandes orientations du budget 2027 en insistant sur un exercice d’équilibre entre l’assainissement des finances publiques, les attentes sociales des populations et les investissements indispensables au développement.
D’entrée, il a salué l’innovation introduite cette année dans le débat d’orientation budgétaire. Selon lui, les auditions des ministères par la Commission des finances et les travaux des intercommissions ont considérablement relevé la qualité des échanges avec les députés.
Pour le ministre, trois événements majeurs guideront la préparation du prochain budget : la première année complète de production pétrolière du Sénégal, les tensions géopolitiques internationales qui bouleversent les équilibres économiques mondiaux et le vaste chantier d’assainissement des finances publiques engagé par le gouvernement.
Malgré l’apport attendu des hydrocarbures, Bassirou Sarr a rappelé que le Sénégal reste engagé dans une stratégie de transformation économique. Cette ambition repose notamment sur l’exploitation du gaz naturel afin de réduire durablement le coût de l’électricité, considéré depuis longtemps comme un frein à la compétitivité des entreprises sénégalaises.
Le ministre a assuré que le réseau gazier national progresse conformément au calendrier, notamment sur le segment nord reliant le projet GTA aux centrales électriques. À terme, cette infrastructure devrait permettre d’alimenter la production d’électricité en gaz et d’accompagner l’industrialisation du pays.
Sur le plan social, Bassirou Sarr a insisté sur la volonté du gouvernement de protéger le pouvoir d’achat des ménages malgré les fortes tensions observées ces dernières semaines sur les marchés internationaux du pétrole. Il a rappelé que l’État avait choisi de ne pas répercuter la flambée des cours sur les prix à la pompe, tout en restant attentif à l’évolution de la situation géopolitique, notamment autour du détroit d’Ormuz.
Répondant aux nombreuses préoccupations exprimées par les députés, le ministre a assuré que les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’hydraulique, des infrastructures routières et de la connectivité territoriale seront au cœur des arbitrages budgétaires actuellement en cours au ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.
Il a annoncé un renforcement important des transferts sociaux. L’enveloppe destinée aux aides directes aux ménages passera de 35 milliards F CFA à 70 milliards F CFA, un financement déjà sécurisé avec l’appui de la Banque mondiale.
Concernant les infrastructures routières, notamment en milieu rural, Bassirou Sarr a reconnu que plusieurs projets restent suspendus à la reprise du programme avec le FMI. Il a expliqué que certains partenaires financiers, notamment l’agence britannique de crédit à l’exportation, attendent une issue favorable aux discussions avec l’institution de Bretton Woods avant de relancer leurs financements.
Le ministre a également appelé à une gestion réaliste des attentes. Selon lui, toutes les demandes d’investissements ne pourront pas être satisfaites simultanément. « La programmation budgétaire doit se faire dans l’espace et dans le temps », a-t-il expliqué, estimant qu’une multiplication des projets financés par l’endettement compromettrait la soutenabilité des finances publiques.
Enfin, Bassirou Sarr a confirmé que l’objectif de ramener le déficit budgétaire à 3 % a été repoussé à 2029, contre une cible initialement fixée à 2027. Une révision qu’il justifie par les nouvelles contraintes économiques internationales, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à maintenir une trajectoire de finances publiques soutenable.
Le ministre a assuré que la priorité demeure de transformer les crédits inscrits dans le budget en réalisations concrètes au bénéfice des populations, tout en conciliant discipline budgétaire, justice sociale et développement économique.
Auteur: Yande Diop

