Agents de sûreté aéroportuaire de Tsa : trop, c’est trop !

Depuis plusieurs années, les quelques 700 agents de sûreté aéroportuaire en service à l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) de Diass accomplissent, avec professionnalisme et abnégation, une mission essentielle à la sécurité nationale. Ils assurent le contrôle des passagers, des bagages et des accès sensibles, contribuant ainsi à la protection de milliers de voyageurs chaque jour.

Pourtant, ceux qui garantissent la sûreté de notre principale plateforme aéroportuaire continuent de travailler dans des conditions qu’ils jugent indignes de l’importance de leur mission.
Aujourd’hui, leur cri d’alarme ne peut plus être ignoré.

Les agents dénoncent notamment les shifts de 12 heures, devenus insupportables. Ils demandent que ces horaires soient ramenés à 8 heures, conformément à des conditions de travail plus humaines et plus compatibles avec les exigences de vigilance imposées par leur profession. Après plusieurs années de ce régime, beaucoup affirment souffrir de fatigue chronique, de stress, de troubles de santé et d’un épuisement physique et psychologique qui fragilisent leur quotidien.

Comment peut-on exiger une vigilance permanente de professionnels soumis à une telle charge de travail ?

Les agents réclament également une revalorisation substantielle de leurs salaires, estimant que leur rémunération ne reflète ni les responsabilités qu’ils assument ni les sacrifices consentis. Ils demandent aussi la mise en place d’une prime de risque, compte tenu des contraintes, des responsabilités et des risques inhérents à leur métier.

A cela s’ajoute une autre revendication majeure : la réintégration des employés licenciés, dans un souci de justice sociale et d’apaisement du climat professionnel.

Les travailleurs dénoncent également le non-respect des engagements pris par Tsa. Selon eux, plusieurs promesses faites au fil des discussions n’ont jamais été concrétisées, alimentant un profond sentiment de frustration et de méfiance. Ils estiment que les engagements pris envers les travailleurs doivent être respectés afin de restaurer un climat de confiance.

Face à cette situation, les délégués de la base sollicitent une audience avec le ministre Abdou Lahad Ndiaye, afin de lui exposer directement les difficultés que vivent les agents depuis de nombreuses années. Ils souhaitent que cette rencontre permette de présenter les réalités du terrain, d’expliquer les souffrances des travailleurs et de rechercher, avec les autorités, des solutions durables aux problèmes qui perdurent.

Cette demande n’est ni excessive ni déraisonnable. Elle traduit simplement la volonté d’être entendus par les pouvoirs publics et de faire reconnaître la valeur d’un métier indispensable au fonctionnement de l’aéroport et à la sécurité du pays.

Les agents de sûreté ne demandent pas des privilèges. Ils réclament des conditions de travail dignes, un statut clair, une rémunération équitable, des horaires respectueux de la santé des travailleurs, le respect des engagements pris et un dialogue sincère avec les autorités.

En tant que délégué du personnel titulaire, nous lançons un appel aux autorités de la République, aux responsables de Tsa et à tous les acteurs concernés : il est temps d’écouter les 700 agents de sûreté aéroportuaire de Diass. Garantir la sécurité des voyageurs commence aussi par garantir la dignité de celles et ceux qui veillent sur eux.

Un agent respecté est un agent plus efficace. Une sûreté aéroportuaire forte repose avant tout sur des travailleurs reconnus, protégés et considérés.

Mbaye Diagne DIAW
Délégué du personnel titulaire et président de la Commission
des finances
TSA[email protected]

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