BLANCHIMENT DE CAPITAUX – Le GIABA s’allie avec la Société Civile
Le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent (GIABA) a remis la Société Civile au cœur de la guerre contre l’argent sale, avant-hier à Saly.
Le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent (GIABA) a lancé, ce lundi, un atelier de trois jours pour outiller les organisations ouest-africaines face au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme. Deux menaces qui rongent l’économie et la sécurité de la région. Autour de la table, des OSC venues de toute la CEDEAO et même de l’Alliance des États du Sahel, aux côtés d’experts, de responsables publics et de bailleurs.
L’idée de cette rencontre n’est pas de parler entre technocrates, mais de connecter ceux qui connaissent le terrain aux mécanismes régionaux. Ainsi, le ton a été donné par le directeur général, Edwin W. Harris Jr qui a souligné que le blanchiment et le financement du terrorisme ne sont plus artisanaux : ils sont transnationaux, de plus en plus liés au crime organisé, et ils frappent les consommateurs, les entreprises et les États.
Selon son analyse, personne ne s’en sort seul, il faut une riposte collective où la société civile a toute sa place. Parce que justement, le GIABA ne voit plus les OSC comme de simples observatrices. Il les décrit comme des courroies de transmission : elles sensibilisent les populations, portent le plaidoyer auprès des décideurs et poussent pour plus de transparence dans la gestion des flux financiers illicites.
Et ce n’est pas qu’un discours. En 2024, l’organisation a débloqué 350 000 dollars pour soutenir des groupes engagés contre le terrorisme au Nigeria et dans la région du fleuve Mano. En 2025, elle a remis 300 000 dollars à douze autres structures, cette fois pour expliquer au public comment on récupère et on gère les biens issus du crime.
Du côté sénégalais, la représentante résidente de la CEDEAO, Zelma Yollande Nobre Fassinou, a rappelé le rôle clé de la CENTIF dans le repérage des transactions douteuses. Elle a aussi souligné le timing : les pays membres s’apprêtent à entrer dans le troisième cycle des évaluations mutuelles du GIABA, un examen qui jugera non seulement si les lois existent, mais si elles fonctionnent vraiment sur le terrain.
Pendant trois jours, les discussions vont tourner autour de quatre axes : où en sont les tendances du blanchiment et du financement du terrorisme en Afrique de l’Ouest, quelles initiatives marchent déjà, comment les OSC peuvent prévenir, et comment bâtir un vrai réseau régional d’acteurs engagés.
Pour le Sénégal, c’est un retour : après Dakar en 2012, Saly accueille de nouveau la rencontre, signe que le pays veut rester un point d’ancrage pour la bonne gouvernance financière dans la sous-région.
PAPE MBAR FAYE
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