Conquête de l’espace : Le Sénégal a la tête dans les étoiles
L’espace n’est plus l’apanage exclusif des grandes puissances mondiales, mais un outil concret au service du développement humain, de la souveraineté et de la transformation structurelle des économies africaines. C’est le message fort porté lors de l’ouverture de la deuxième édition de la «Senegal Space Week», qui se tient à Dakar du 19 au 22 mai 2026.
Présidant la cérémonie au nom du chef de l’Etat Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le ministre des Forces armées, le Général Birame Diop, a marqué les esprits devant un parterre d’experts, de diplomates et de partenaires internationaux. Il a rappelé que les défis sécuritaires contemporains intègrent désormais l’espace, la gestion des données et les nouvelles technologies. Selon le Général Diop, la maîtrise de ces outils permettra au Sénégal de mieux surveiller son territoire et de lutter plus efficacement contre le terrorisme, la piraterie maritime et la criminalité transfrontalière : «Les images satellites, la cartographie et les outils de géointelligence (la collecte et l’analyse de données géographiques) sont devenus fondamentaux pour aider nos Forces de défense et de sécurité à prendre de meilleures décisions et à anticiper les risques.»
Pour concrétiser cette vision, plusieurs accords de partenariat ont été signés durant l’événement, visant à renforcer la coopération internationale du Sénégal. Le ministre a également insisté sur la nécessité d’investir dans la recherche et la formation de la jeunesse afin de positionner le pays comme une référence africaine. Un hommage appuyé a par ailleurs été rendu au Général Mansour Seck, figure historique de l’aviation sénégalaise.
De son côté, Maram Kaïré, Directeur général de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (Ases), a rappelé la philosophie qui guide l’institution depuis sa création : poser les fondations durables d’un écosystème spatial national. «Notre objectif n’est pas uniquement de développer des infrastructures. Notre objectif est surtout de produire des solutions utiles», a martelé l’astronome, réfutant l’idée que le spatial soit un «luxe technologique».
M. Kaïré a dévoilé les deux grands chantiers prioritaires de l’agence : L’élaboration de la politique et de la stratégie spatiale nationale, qui servira de socle doctrinal pour structurer les investissements, coordonner les acteurs publics et privés, et garantir la souveraineté technologique du pays sur le long terme ; le développement d’applications à fort impact pour les populations : loin des théories, les données spatiales doivent être irriguées dans le quotidien des Sénégalais. Elles serviront à améliorer la productivité agricole, optimiser la gestion de l’eau, renforcer la télémédecine, moderniser l’aménagement du territoire ou encore anticiper les catastrophes météorologiques.
Cette synergie entre la vision politique portée par le gouvernement et l’action technique de l’Ases, soutenue par des partenaires de choix comme l’Agence spatiale du Rwanda et l’Institut national polytechnique de Bordeaux, démontre que le Sénégal est résolument engagé dans l’ère du spatial utile.

