Élections territoriales de 2027 : l’unité de l’opposition minée par des querelles d’égo

Alors que les élections territoriales de janvier 2027 pointent à l’horizon, l’opposition tente de réitérer l’exploit des listes communes de 2022. Mais entre querelles d’ego, agendas divergents et blocages juridiques, le pari d’un front uni contre Pastef semble aujourd’hui bien loin d’être gagné, prévient Walf Quotidien.

L’unité. C’est le mot d’ordre, presque le mantra, des partis regroupés autour du Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR). Selon le journal, l’objectif est de faire des élections territoriales de janvier 2027 le « premier jalon de la libération du Sénégal de l’emprise néfaste de PASTEF ». Pourtant, à environ huit mois du scrutin, cette volonté de cohésion se heurte à une réalité politique beaucoup moins harmonieuse.

Une cacophonie stratégique

Le premier signe de fragilité réside dans l’incapacité de l’opposition à accorder ses violons sur le plan juridique. La récente modification du code électoral (articles L.29 et L.30) divise profondément. Tandis que le groupe parlementaire Takku Wallu (réunissant l’APR et le PDS) a renoncé à saisir le Conseil constitutionnel, d’autres figures comme Amadou BA (Nouvelle Responsabilité) et Thierno Alassane SALL (République des Valeurs) tentent toujours de réunir les 17 signatures nécessaires pour le recours. « Le recours en soi est déjà écrit et stabilisé, mais il nous manque encore 4 députés », confie Thierno Alassane SALL, illustrant la fragmentation actuelle de l’hémicycle.

L’obstacle des égos

Au-delà de la stratégie parlementaire, c’est la confection même des listes qui cristallise les tensions. Dans un scrutin territorial où l’incarnation locale est reine, personne ne veut céder sa place. Chaque leader aspire à être tête de liste pour garantir son élection en tant que maire. Le parti de l’ancien président Macky SALL semble de plus en plus isolé, peinant à s’intégrer dans une dynamique collective avec ses anciens rivaux, soupçonne le quotidien.

Un pouvoir qui observe

Face à ce blocage, le camp présidentiel, porté par la coalition Diomaye-Président et PASTEF, maintient la pression. Le parti au pouvoir exige le respect strict du calendrier républicain pour janvier 2027. De son côté, le président Bassirou Diomaye FAYE détient la clé finale : la décision de maintenir ou de reporter le scrutin, un arbitrage que le FDR redoute particulièrement.

Si l’opposition ne parvient pas à surmonter ses « querelles d’ego » d’ici la fin de l’année, elle risque de se présenter en rangs dispersés face à une machine PASTEF qui, bien que défiée, reste disciplinée derrière ses leaders. Le chemin vers 2027 ressemble pour l’instant à un parcours du combattant où le plus grand ennemi de l’opposition pourrait bien être elle-même.

Liboire SAGNA
WALFADRJI

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