Hantavirus sur le «MV Hondius»: selon l’OMS, le risque pour la santé publique globale est «faible»

La souche d’hantavirus détectée sur un des passagers du MV Hondius évacué en Afrique du Sud, est celle des Andes, transmissible entre humains, a déclaré, mercredi 6 mai, le ministre sud-africain de la Santé. Le navire est toujours immobilisé au large du Cap-Vert en attendant de mettre le cap vers Tenerife, l’une des îles de l’archipel des Canaries, où il doit accoster dans les prochains jours, selon les autorités espagnoles, ce que refuse le président canarien. Selon le chef de l’OMS, le risque pour la santé publique globale « demeure faible ».

Par : RFI avec agences

Deux des passagers à bord du navire de croisière néerlandais, devenu foyer d’hantavirus, ont été transférés vers Johannesburg, l’une est décédée, l’autre est toujours hospitalisé. « Les premiers tests montrent qu’il s’agit bien de la souche des Andes. C’est la seule souche, parmi les 38 connues, à pouvoir se transmettre d’une personne à l’autre, a expliqué le ministre sud-africain de la Santé Aaron Motsoaledi devant une commission parlementaire. Mais comme nous l’avons déjà dit, et nous tenons à le répéter, cette transmission est très rare et ne se produit qu’en cas de contact très étroit entre les personnes », a-t-il ajouté.

Les efforts sont en cours pour rechercher d’éventuels cas contacts avec les deux personnes infectées. En particulier les voyageurs à bord du vol entre Sainte-Hélène et Johannesburg emprunté par la Néerlandaise de 69 ans dont le mari de 70 ans est mort sur le bateau et qui, depuis, est elle-même décédée. Ce vol opéré par la compagnie sud-africaine Airlink le 25 avril comptait 82 passagers et six membres d’équipage à bord, avait précisé une représentante de la compagnie à l’AFP. D’autres personnes sont aussi recherchées, a précisé le ministre sud-africain, comme celles « qui se trouvaient à l’aéroport (de Johannesburg) avant que cette dame ne fasse son malaise », ainsi que le « personnel de santé de Kempton Park », l’hôpital où elle a été traitée jusqu’à son décès.

Recherche de cas contacts

Quant au premier cas confirmé chez un homme britannique de 69 ans, il est actuellement hospitalisé à Johannesburg, et « des professionnels de santé ont également été en contact avec lui, a indiqué le ministre. Au total, 62 personnes auraient pu entrer en contact avec ces personnes, 42 d’entre elles ont déjà été retrouvées et sont actuellement sous surveillance », a-t-il détaillé.

Alors qu’un « traçage des contacts est en cours autour des cas confirmés », a précisé le ministère de la Santé de la France, « à bord du navire comme en Afrique du Sud », un ressortissant français a notamment été identifié comme « cas contact », car figurant parmi « les passagers d’un vol emprunté par l’un des cas avant son hospitalisation ».

Trois cas suspects à bord du navire – deux membres d’équipage malades et une personne cas contact – en ont été évacués « et sont en route pour recevoir des soins médicaux aux Pays-Bas », a annoncé mercredi dans la matinée le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Tous trois sont dans un état stable et l’un d’eux est asymptomatique », a précisé Ann Lindstrand, représentante de l’OMS au Cap-Vert à l’AFP. L’Organisation avait indiqué que les deux membres d’équipage étaient de nationalité britannique et néerlandaise.

Une personne évacuée sera prise en charge mercredi au Pays-Bas par les secours allemands pour être hospitalisée en Allemagne. « Nous parlons d’une personne ayant été en contact avec un cas positif, et qui est asymptomatique (…) d’après les informations dont nous disposons », a indiqué à l’AFP un porte-parole des pompiers de Düsseldorf. La personne sera ensuite prise en charge, « au plus tôt dans la soirée », par l’hôpital universitaire de la ville qui « dispose de différentes options pour répondre à un tel cas suspect ». La nationalité et le genre du cas contact n’ont pas été précisés par les autorités.

L’OMS a fait état, dimanche 3 mai, de trois morts liés à un foyer d’infection à hantavirus, qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu, sur le MV Hondius. Ce navire reliait Ushuaïa, en Argentine, à l’archipel du Cap-Vert, au large de la côte ouest africaine. L’expédition a quitté Ushuaïa le 1er avril, et est immobilisée depuis dimanche près du port de la capitale capverdienne.

Un passager hospitalisé à Zürich

Un passager qui voyageait sur le bateau de croisière est hospitalisé à Zürich, a annoncé le ministère suisse de la Santé mercredi, précisant que ce patient avait été testé positif, mais sans préciser à quelle période cet homme se trouvait à bord du navire, ni à quel moment et dans quelles conditions il l’avait quitté. Un test effectué dans le laboratoire de référence des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) s’est révélé positif au virus des Andes, un hantavirus présent en Amérique du Sud. À la suite de cette annonce, l’OMS a revu à la hausse son bilan en lien avec le foyer d’hantavirus sur ce navire de croisière. « Au 6 mai, on dénombre 8 cas, dont 3 confirmés » par des tests, a-t-elle indiqué sur X.

L’homme s’est présenté à l’hôpital de Zurich après avoir ressenti des symptômes de la maladie, selon le ministère suisse. Auparavant, il avait consulté son médecin de famille par téléphone. Il y a immédiatement été placé en isolement. Son épouse, qui « ne présente jusqu’ici aucun symptôme (…) s’est placée en isolement pour des raisons de sécurité », a expliqué le ministère suisse. Les autorités cherchent à savoir si le patient a eu des contacts avec d’autres personnes alors qu’il était malade.

Le ministère suisse rappelle que « contrairement aux hantavirus européens, qui se transmettent via les déjections de rongeurs infectés, le variant américain peut se transmettre d’une personne à une autre, bien que les cas soient rares ». Mais il souligne que les transmissions sont possibles uniquement « en cas de contact étroit ». Il estime donc qu’« il est peu probable que d’autres cas surviennent en Suisse » et considère que « le risque pour la population est faible ».

L’Organisation mondiale de la santé se veut également rassurante. « À ce stade, le risque global pour la santé publique demeure faible », écrit sur X Tedros Adhanom Ghebreyesus, précisant que « l’OMS continue de collaborer avec les opérateurs du bateau afin de surveiller de près l’état de santé des passagers et de l’équipage, et travaille avec les pays pour assurer un suivi médical approprié et une évacuation si nécessaire ».

Les îles Canaries refusent l’accostage du navire

La télévision publique espagnole (RTVE), citant des sources au sein du ministère de la Santé, a annoncé mercredi que le MV Hondius devrait accoster dans les prochains jours à Tenerife, ce à quoi le président régional des Canaries s’oppose fermement. Fernando Clavijo a de nouveau affiché dans la matinée son opposition à toute évacuation de malades sur le sol de l’archipel, déplorant « l’absence totale d’informations » de la part du gouvernement central à Madrid. « Il n’existe aucune information médicale ni, du point de vue épidémiologique, quoi que ce soit, qui nous indique que le navire » actuellement immobilisé au large de Praia, au Cap-Vert, « ne puisse pas recevoir sur place l’intervention nécessaire », a-t-il poursuivi lors d’un entretien à la radio Onda Cero.

Fernando Clavijo a ajouté qu’il avait demandé ⁠une réunion d’urgence avec le président du gouvernement Pedro Sanchez pour discuter de la question. Fernando Clavijo est à la tête ​d’une coalition avec le Parti Populaire, principal parti d’opposition aux ‌socialistes de Pedro Sanchez. Cependant, la décision finale revient au gouvernement central qui a autorité sur les gouvernements régionaux.

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