Un-Chk – Réformer le droit des obligations : L’appel du Pr Jean-Louis Corréa
Face à un Code des obligations civiles et commerciales (Cocc) vieillissant, le professeur Jean-Louis Corréa de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (Un-Chk) tire la sonnette d’alarme. Dans son nouvel ouvrage, l’universitaire plaide pour une actualisation profonde du droit commun sénégalais, afin de l’aligner sur les nouvelles réalités économiques, notamment l’essor des secteurs pétrolier et gazier.
Par Amadou MBODJI – Le droit des obligations est-il encore en phase avec son époque ? Pour de nombreux spécialistes, le constat est sans appel : une réactualisation nationale s’impose. C’est précisément cette conviction qui anime le professeur Jean-Louis Corréa. A travers son nouvel opus, intitulé Droit des obligations – Théorie générale du contrat – Régime général des obligations, l’enseignant-chercheur relance avec force le débat sur la modernisation de notre arsenal juridique. «Avec cet ouvrage, nous voulons montrer que le droit des obligations dont le siège principal reste le Cocc, est un droit qu’il faut vivifier et renouveler», a-t-il déclaré lors de la cérémonie de dédicace organisée samedi dernier chez L’Harmattan Sénégal. Si l’auteur reconnaît la pertinence historique des solutions contenues dans le code actuel, il souligne l’urgence de leur mise à jour : «Les tentatives de réforme au niveau régional n’ayant pas abouti, il nous appartient désormais d’agir à l’échelle nationale. Il faut prendre le Cocc au sérieux et envisager les modifications nécessaires pour assurer sa pérennité.»
Un droit commun fort pour encadrer l’économie
Dans son analyse, le Pr Corréa explore des solutions juridiques étrangères qui pourraient inspirer des réformes adaptées au contexte sénégalais. Selon lui, l’évolution de l’environnement économique national, marqué par l’entrée du Sénégal dans l’ère de l’exploitation du pétrole et du gaz, exige une base juridique solide et moderne. «Certes, ces secteurs sont encadrés par des textes spécifiques comme le Code pétrolier ou le Code gazier. Mais il est indispensable d’agir également sur le droit commun afin de garantir une architecture juridique cohérente», a-t-il précisé.
Cette contribution scientifique a été chaleureusement saluée par ses pairs. Ces derniers ont unanimement reconnu la pertinence d’un ouvrage qui, selon de nombreux observateurs, vient combler un vide doctrinal précieux pour les praticiens comme pour les étudiants.[email protected]

