Matam: les entreprises minières ont contribué à plus 5 milliards CFA au budget national en 2024 (ITIE)

Le Comité national de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) du Sénégal a présenté, lors du Comité régional de développement (CRD) de Matam, les chiffres clés du rapport ITIE 2024. L’occasion pour son président, Pape Thialis Faye, de détailler la contribution de la région à la manne extractive nationale, mais aussi les retombées économiques locales.

Sur l’ensemble du territoire sénégalais, le secteur extractif a généré 455,99 milliards de francs CFA en 2024, confirmant son poids stratégique. La région de Matam, bien que modeste en part relative, y a contribué à hauteur de près de 6 milliards de francs CFA, soit 1,31 % des revenus extractifs nationaux. Une performance portée principalement par la Société minière de la Vallée du Fleuve Sénégal (SOMIVA), dont le directeur général, le ministre Ibrahima Sarr, a été chaleureusement remercié par le président de l’ITIE. « Ces activités ont permis une contribution directe de plus de 5,6 milliards de francs CFA au budget de l’État », a précisé M. Faye, soulignant le renforcement de la capacité de financement des politiques publiques, tant nationales que territoriales.

Aussi, l’impact local se mesure également en emplois et en achats auprès du tissu économique régional. Ainsi, la SOMIVA emploie plus de 1 300 personnes, avec une très large majorité de travailleurs nationaux, pour une masse salariale globale dépassant 2,5 milliards de francs CFA. Par ailleurs, les transactions avec les fournisseurs locaux dans la région s’élèvent à 31,65 milliards de francs CFA, illustrant le potentiel du contenu local.

Pour ce qui est des transferts directs aux collectivités territoriales, le rapport ITIE 2024 (sur la base des données 2023) fait état d’une dotation d’appui à l’équipement de près de 239 millions de francs CFA pour la région de Matam, répartie entre les départements de Matam, Kanel et Ranérou.

Pape Thialis Faye n’a toutefois pas occulté les défis persistants : « La disponibilité et la qualité des informations sur les dépenses sociales et environnementales, ainsi que sur la traçabilité complète des flux infranationaux, demeurent des enjeux majeurs », a-t-il alerté. Le président de l’ITIE a également rappelé que le Sénégal avait obtenu, en 2024, un score de 89 points (mention « Très bon ») lors de l’évaluation de la mise en œuvre de la Norme ITIE 2023. « Ce résultat est le fruit d’un engagement collectif, mais il nous oblige à poursuivre les réformes », a-t-il insisté, en réaffirmant la disponibilité du Comité national à accompagner les autorités régionales et les collectivités pour une meilleure appropriation des données extractives, « au service d’un développement local durable, équitable et apaisé. »

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