Médiation de Moundiaye Cissé et Babacar Guèye: Bamba Cissé rencontre les partis le 30 avril

Après des mois d’attente, le patron de la Place Washington ouvre enfin les portes de son ministère à la classe politique. Prévue pour le 30 avril 2026, cette rencontre, qui fait suite à une médiation active de la Société civile, notamment de Moundiaye Cissé et de Babacar Guèye, se tient dans un climat de fortes incertitudes techniques et législatives, à moins d’un an des élections locales. Bamba Cissé est face au défi de la décrispation.

Par Bocar SAKHO – Le signal était attendu, il est désormais acté. Le 30 avril marquera un tournant dans les relations entre le nouveau pouvoir et les formations politiques. Pour la première fois depuis sa prise de fonction, le 6 septembre 2025, le ministre de l’Intérieur recevra l’ensemble des partis. Ce rendez-vous ne doit rien au hasard : il est le fruit d’une intense activité de plaidoyer menée par une délégation de la Société civile, portée par des figures respectées comme Moundiaye Cissé, président de l’Ong 3D, et le Pr Babacar Guèye, faciliteur du Dialogue politique et coordonnateur du Collectif des organisations civiles pour les élections (Cosce), qui avaient reçu le Front pour la défense de la République (Fdr) qui partageait ses préoccupations sur le flou qui entoure le processus électoral, notamment l’organisation des élections locales de 2027.

Lors de leur audience avec le ministre, ces médiateurs ont transmis les vives préoccupations de l’opposition. Dans un contexte où le dialogue semblait rompu, cette ouverture apparaît comme une tentative de dissiper le «flou artistique» qui entoure les prochaines échéances électorales.

Une réforme du Code électoral sous haute tension

Au cœur des crispations, se trouve le projet de réforme du Code électoral porté par Pastef. Si le parti au pouvoir argue d’une volonté de «clarification» et de «modernisation» des textes (notamment les articles L.29 et L.30), l’opposition y voit une manœuvre pour verrouiller le jeu politique et aussi une réforme taillée sur mesure pour Ousmane Sonko. Pour les partis du Front pour la défense de la République (Fdr) et d’autres coalitions, toute modification unilatérale des règles du jeu à la veille des élections locales de janvier 2027 est une ligne rouge.

Le casse-tête logistique : cartes d’identité et listes électorales

Au-delà de la politique politicienne, des urgences techniques menacent la sincérité du scrutin, comme l’expiration massive des cartes d’identité : une part importante du stock de cartes biométriques arrive à échéance en 2027. Sans une prorogation rapide par décret ou un renouvellement accéléré, des centaines de milliers de Sénégalais pourraient être privés de vote. L’organisation de la révision exceptionnelle (ou ordinaire) des listes électorales suscite des inquiétudes sur les délais et l’accessibilité des commissions administratives. Quid du décret de convocation ? Le calendrier presse et les acteurs attendent des garanties sur le respect de l’échéance de janvier 2027.

Le climat entre le pouvoir et le Fdr reste électrique. Les soupçons de «règlement de comptes politiques» et les débats sur l’éligibilité polluent l’atmosphère. Pourtant, cette rencontre du 30 avril, obtenue grâce à la médiation des deux leaders de la Société civile, est une chance unique pour le ministre de l’Intérieur de restaurer la confiance.

En acceptant de discuter avec l’opposition, le gouvernement fait un pas vers la normalisation. Reste à savoir si cette audience sera une simple formalité d’écoute ou le point de départ d’un véritable consensus sur les réformes à venir. Le Sénégal, souvent cité en exemple pour ses transitions démocratiques, joue une nouvelle fois sa stabilité sur sa capacité à organiser des élections inclusives et apaisées.

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