Un atelier crucial pour l’avenir de la filière cajou : L’union sacrée pour booster « l’or gris »
La capitale du Fouladou a abrité, du 24 au 26 mars 2026, un atelier crucial pour l’avenir de la filière cajou. Portée par le Projet Agropole Sud et l’Icas, cette rencontre vise à harmoniser les interventions pour transformer l’anacarde en un véritable levier d’émancipation, particulièrement pour les femmes et les personnes vulnérables.
KOLDA – C’est un tournant que tentent de négocier les acteurs de l’anacarde sénégalaise. Entre le 24 au 26 mars 2026, a été le point de ralliement d’un atelier de concertation multi-acteurs d’une importance capitale à Kolda. Organisé par le Projet Agropole Sud et l’Interprofession cajou du Sénégal (Icas), en partenariat avec le programme Weecap et la Giz, ce rendez-vous de trois jours ambitionne de redessiner les contours d’une filière en quête de performance et de cohérence.
L’un des principaux défis de ce conclave est la coordination. Jusqu’ici, les initiatives au sein de la chaîne de valeur souffraient parfois d’un manque de lisibilité. L’objectif affiché est clair : passer au crible le plan d’action sectoriel pour garantir une complémentarité réelle entre les partenaires. « Il s’agit d’éviter les doublons et de maximiser l’impact de chaque franc investi », confie un participant à l’ouverture des travaux.
Au-delà des chiffres et de la productivité, l’atelier a mis l’accent sur l’inclusion. La stratégie discutée à Kolda accorde une place centrale à l’autonomisation des jeunes femmes, à l’employabilité et à l’insertion des jeunes. Pour les organisateurs, la filière ne doit pas seulement générer des devises ; elle doit devenir un filet social et un moteur d’opportunités pour les couches les plus fragiles de la population. Il s’agit, selon Bouba Konta de l’Icas, de panser les maux et d’ouvrir des perspectives. Dans une atmosphère de dialogue franc, les acteurs du Fouladou et d’ailleurs ont, durant 72 heures, diagnostiqué les freins qui pèsent sur la compétitivité du cajou sénégalais.
OPERATION « CAJOU VERT » POUR BRISER LA FATALITE
Entre difficultés d’accès au financement, enjeux de transformation locale et logistique, tout est mis sur la table. L’ambition finale est de « booster » durablement la filière pour que le Sénégal s’affirme davantage sur le marché international, tout en garantissant des revenus décents aux producteurs locaux. À Kolda, l’heure est donc à la planification opérationnelle pour transformer le potentiel de l’anacarde en une réalité économique tangible.
À Kolda, l’heure n’est plus aux simples discours de salon. Producteurs, exportateurs et autorités ont lancé une véritable « opération commando » pour libérer le potentiel de la filière cajou. Entre diagnostic sans concession et stratégie de riposte, le secteur sonne l’heure de sa révolution.
Le vent de la révolte souffle sur les vergers de Casamance. Durant trois jours, la ville de Kolda s’est transformée en quartier général d’une armée d’acteurs bien décidés à briser les chaînes qui entravent la filière anacarde.
Ici, l’ambiance n’est pas à la complaisance, mais à l’offensive. Le « parler vrai » comme arme de guerre. Fini les langues de bois et les politesses d’usage. Autour de la table, les visages sont graves, les mots sont crus. L’objectif ? Mettre à nu les « goulots d’étranglement » qui asphyxient l’économie locale. Difficultés d’accès au financement, manque d’unités de transformation, logistique défaillante : tout a été déballé. « Nous ne sommes plus là pour constater, mais pour corriger », glisse Bouba Konta, le regard déterminé.
Cette rencontre n’est pas un forum de plus, c’est le point de départ d’une mutation profonde. Il s’agit, selon lui, de passer de l’ombre à la lumière. L’enjeu est de taille : transformer Kolda, zone de production par excellence, en un véritable hub industriel. Pour les acteurs du Fouladou, il s’agit de passer d’une posture passive de simples fournisseurs de matière première à celle d’acteurs dominants de la chaîne de valeur. Donc, la stratégie est claire : identifier avec précision les blocages structurels, proposer des solutions immédiates et pragmatiques, et agir sans attendre pour que la richesse du cajou profite enfin, et prioritairement, à ceux qui la font naître. À Kolda, la révolte est en marche. Et cette fois, la filière anacarde refuse de rater le coche du développement.
LES GRANDES RECOMMANDAIONS DES ACTEURS
Sous l’impulsion de l’Agropole Sud, du programme Weecap et de l’Icas, les acteurs majeurs de la filière se sont accordés sur une stratégie de rupture. Entre signature d’une charte historique et plan d’action ambitieux, le secteur s’arme pour devenir un pilier de l’économie nationale.
Pendant trois jours, la capitale du Fouladou est devenue le centre névralgique du cajou sénégalais. Sous la présidence de l’adjoint au gouverneur de région, une coalition inédite, réunissant l’État (Douanes, Commerce, Eaux et Forêts), des instituts de recherche (Ita, Isra) et des partenaires financiers, a posé les jalons d’une transformation profonde. L’objectif est de passer d’une gestion éparpillée à une coordination stratégique de haute précision.
L’atelier ne s’est pas limité aux discours. Les participants ont validé un plan d’action annuel articulé autour de cinq axes prioritaires : le renforcement de l’Icas pour un pilotage robuste ; l’optimisation du cadre réglementaire et des systèmes de prélèvement ; la création d’une base de données intégrée pour une traçabilité totale ; le développement massif de la transformation locale et de la commercialisation ; ainsi que l’inclusion prioritaire des femmes, des jeunes et des groupes vulnérables.
En outre, les acteurs de la filière cajou se sont engagés vers une gestion plus moderne et structurée. Le tournant majeur de cette rencontre reste l’opérationnalisation du Cadre national de concertation du cajou (Cncc). Désormais boussole du secteur, cette plateforme garantira la cohérence des investissements techniques et financiers. Moment fort de l’événement : la signature solennelle de la Charte des acteurs de la filière. Sous l’égide de l’Icas, cet acte engage l’ensemble des parties prenantes à plus de transparence et de solidarité. En scellant cette union entre le public et le privé, le Sénégal envoie un signal fort aux marchés internationaux. La filière cajou n’est plus seulement une ressource : elle devient une filière structurée, compétitive et prête à relever les défis de l’industrialisation durable. Le rendez-vous est pris pour un suivi rigoureux, afin que les engagements de Kolda se traduisent, dès demain, en bénéfices concrets pour les producteurs.
Par Ibrahima KANDÉ (Correspondant)
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