Braquage en centre-ville : 20 ans de réclusion requis contre un faux policier récidiviste

Le passé a rattrapé Mamadou BA ce mardi. Déjà condamné pour meurtre, ce tailleur de profession fait face à une nouvelle peine de 20 ans de réclusion criminelle pour un braquage avec violence commis en se faisant passer pour un agent des forces de l’ordre, révèle les Echos.

Selon le journal, les faits remontent à 2020, au cœur du centre-ville de Dakar. Mamadou BA et son complice, Ibou Laye SOW, actuellement en fuite, s’introduisent dans l’appartement de Nafissa, une ressortissante étrangère, après en avoir forcé la porte. Leur stratagème est rodé, ils se présentent comme des policiers à la recherche de trafiquants de drogue. Cependant, la supercherie bascule rapidement dans la violence. La victime est giflée puis séquestrée dans les toilettes de l’appartement pendant que les deux assaillants font main basse sur le coffre-fort appartenant à son époux.

La défense plaide la manipulation

C’est grâce au courage de la victime que l’affaire prend un tournant décisif. Parvenant à se libérer, elle alerte le voisinage par ses cris. Si Ibou Laye SOW parvient à s’échapper, Mamadou BA est rattrapé par une foule en colère. Il ne devra son salut qu’à l’intervention in extremis d’un véritable policier, évitant ainsi un lynchage public. Une preuve accablante sera trouvée sur lui lors de son arrestation : la clé de l’appartement
de la victime.

Lors de l’audience, le procureur n’a pas mâché ses mots. Rappelant que l’accusé avait déjà purgé 10 ans pour meurtre et 8 mois pour vol aggravé, il a souligné l’échec de la réinsertion : « C’est quelqu’un qui a un passé pénal dense. Il devait s’assagir, mais malheureusement l’emprisonnement ne lui a pas servi. »

La fermeté du Parquet
Invoquant le trouble grave à l’ordre public causé par un braquage en plein jour, le ministère public a requis 20 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs, usurpation de fonction et vol avec violence. De son côté, l’avocat de la défense a tenté de nuancer la responsabilité de son client. Selon lui, Mamadou BA aurait été « manipulé » et utilisé par le cerveau de l’opération, Ibou Laye SOW. Plaidant la clémence et une « application bienveillante de la loi », la défense espère éviter la peine maximale pour un homme qu’elle présente comme un simple exécutant.

Le verdict, très attendu, est attendu le 14 avril 2026.

Liboire SAGNA

WALFADJRI

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